Par maladresse, un homme domicilié à Keur Mbaye Fall, nommé Assane Faye, a renversé, dans le TER, son seau contenant des restes de riz, destiné à ses animaux. Dans une vidéo, il avait même présenté ses excuses. Mais le week-end dernier, il a été arrêté chez lui par la gendarmerie de Faidherbe, placé en garde à vue avant d’être déféré au parquet.

Il est vrai que le TER est un bijou qu’il faut polir, protéger et respecte. Il était donc évident que le gouvernement allait frapper fort avec le premier fauteur de troubles, pour dissuader les autres de s’en prendre à l’infrastructure récemment inaugurée et qui a couté des centaines de milliards à l’Etat.

Mais arrêter et déférer une personne qui a malencontreusement renversé un seau de riz, la sanction semble disproportionnée. L’acte (renverser son seau de riz) est déplorable, évitable même, mais une amende, à la limite, aurait largement suffi. S’il s’agissait d’une personne malintentionnée, qui voulait s’en prendre au TER, là, l’arrestation pouvait se justifier.

Le TER est une nouvelle infrastructure que les Sénégalais découvrent. De la banlieue à la nouvelle ville de Diamniadio, les riches, comme les pauvres, l’empruntent avec stupéfaction et honneur, et mieux vaudrait faire preuve de tolérance et de compréhension que de sortir le bâton, même là où il n’y en a pas besoin. Il n’est pas nécessaire de faire comprendre que le TER est un moyen de locomotion uniquement pour les Sénégalais en costard ou les ministres qui rallient Diamniadio. C’est aussi pour le Badola, qui souhaite rallier sa banlieue dans le confort et la rapidité. S’il a un seau de riz ou un panier de légume, il faut le prendre en compte et le mettre dans les meilleures dispositions pour lui permettre de faire son trajet dans les meilleures dispositions.