Le rappeur Riffou est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga, placé sous mandat de dépôt ce lundi. Dans une sortie sans détour, l’artiste n’a pas hésité à critiquer le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il rend en partie responsable de cette décision judiciaire.
Selon Riffou, cette arrestation constitue une atteinte grave à la liberté d’expression, un droit qu’il estime menacé sous un régime qui s’était pourtant engagé à garantir la démocratie et à respecter les voix dissidentes. Il considère que l’affaire Gadiaga illustre un recul inquiétant des acquis démocratiques obtenus de haute lutte.
Le rappeur a exprimé son incompréhension face à la posture du chef du gouvernement, qu’il accuse de ne pas protéger les libertés pour lesquelles lui-même avait autrefois combattu. Pour Riffou, voir une figure aussi emblématique que Gadiaga écrouée pour ses propos est un signe de dérive : « On ne peut pas dénoncer hier l’injustice et cautionner aujourd’hui la répression », a-t-il déclaré.
Cette réaction intervient alors que de nombreuses voix s’élèvent dans la société civile et les milieux artistiques pour dénoncer les poursuites engagées contre le chroniqueur, inculpé notamment pour diffusion de fausses nouvelles, offense au chef de l’État, et collecte présumée de fonds destinés à troubler l’ordre public.
Riffou appelle les autorités à reconsidérer leur approche face aux critiques et aux oppositions, et exhorte les citoyens à rester vigilants. Il insiste sur la nécessité de préserver l’espace public comme un lieu d’expression libre, où la parole critique ne devrait jamais conduire à l’incarcération.






