La Libye est de nouveau confrontée à une onde de choc politique après l’annonce de la mort de Seif al-Islam Kadhafi, figure controversée et héritier présumé de l’ancien régime. Le parquet général de Tripoli a confirmé mercredi l’ouverture d’une enquête judiciaire, précisant que le fils de Mouammar Kadhafi a été tué par balles la veille, dans des circonstances encore troubles.
Selon le bureau du procureur, une équipe composée de magistrats, de médecins légistes et d’experts s’est rendue à Zenten, dans l’ouest du pays, pour procéder aux premières constatations. L’examen du corps a établi que la victime avait succombé à des tirs d’arme à feu. Une procédure pénale a été engagée afin d’identifier les auteurs de cet assassinat et d’en déterminer les motivations.
À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée concernant les funérailles. Jusqu’à l’annonce de son décès, la localisation exacte de Seif al-Islam Kadhafi demeurait incertaine, alimentant spéculations et rumeurs sur son rôle éventuel dans les recompositions politiques en cours.
Personnage central de l’ère post-2011, Seif al-Islam était recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Capturé dans le sud libyen après la chute de son père, il avait été détenu à Zenten, condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès largement contesté, avant de bénéficier d’une amnistie controversée. Depuis lors, il évoluait en marge de la scène publique.
Son assassinat intervient dans un contexte de profonde instabilité. Plus d’une décennie après la chute du régime de Kadhafi, la Libye reste divisée entre deux pôles de pouvoir : le gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et une autorité rivale à l’est, à Benghazi, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar et ses forces.
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été enregistrée, ni à l’est ni à l’ouest du pays. De son côté, l’avocat français de Seif al-Islam, Marcel Ceccaldi, a affirmé que son client aurait été tué à son domicile par un commando de quatre hommes non identifiés, ajoutant une dimension criminelle organisée à une affaire déjà hautement sensible.
OUSMANE DIOP/SENEGALDIRECT






