Ce qui devait être une fête du football sénégalais s’est transformé en une soirée de chaos, dimanche à Ngor.
L’US Ouakam s’est imposée 1-0 face au Jaraaf, mais ce score est presque anecdotique au regard de ce qui s’est passé sur et autour du terrain.
Dès le coup d’envoi, la tension était palpable.
Les décisions arbitrales, parfois contestées, ont très vite mis le feu aux poudres. En fin de première mi-temps, des jets de pierres ont visé le corps arbitral, notamment l’arbitre assistant, pris pour cible par une partie du public.
Le match a été interrompu pendant plus de dix minutes.
Malgré une tentative de retour au calme, le scénario s’est répété en seconde période, où la moindre faute sifflée devenait prétexte à l’énervement. La rencontre a de nouveau été interrompue alors qu’on entamait les trois dernières minutes du temps additionnel.
L’US Ouakam a trouvé la faille à la dernière minute (1-0) et la tension est montée d’un cran.
Au coup de sifflet final, la victoire de l’USO aurait dû libérer la joie. Mais au lieu d’une fête, ce fut la confusion : projectiles, cris, mouvements de foule, puis les gaz lacrymogènes.
Les journalistes, venus simplement faire leur travail, ont vécu l’enfer : suffocations, chutes, caméras protégées à la hâte… la peur a remplacé la passion.
Nous étions là pour accompagner et promouvoir notre football, pour donner de la visibilité à un championnat qui peine à séduire, pas pour risquer nos vies dans des tribunes devenues zones à risques.
D’autant plus que, pendant la rencontre, nous avons été installés dans la même tribune que les supporters VIP ceux-là mêmes qui ont déclenché les premiers débordements.
Deux journées seulement, et déjà la violence s’invite dans les stades.
Le football sénégalais mérite mieux que des soirées où l’arbitrage devient prétexte à la haine, où les journalistes deviennent des cibles collatérales, où la peur remplace la ferveur.
Face à l’indiscipline récurrente de certains supporters, il est peut-être temps d’aller au-delà des simples amendes financières : des retraits de points s’imposent pour responsabiliser réellement les clubs et restaurer l’ordre dans nos terrains de foot.
Le stade doit rester un lieu de fête, d’expression populaire et de respect pas un champ de bataille.









