Depuis le début de l’année 2025, le tronçon Linguère – Ranérou est devenu synonyme de drame et de deuil. Plus de 15 personnes ont perdu la vie, une centaine de blessés ont été recensés, et près d’une trentaine d’accidents ont été enregistrés selon les témoignages recueillis auprès des sources sécuritaires.
Ce tronçon routier, qui relie Ranérou au département de Linguère, constitue une voie stratégique pour les échanges commerciaux, le transport pastoral et les déplacements quotidiens des habitants. Mais son mauvais état, combiné à l’absence de signalisation et à l’excès de vitesse de certains conducteurs, en fait un axe particulièrement dangereux. Derrière les chiffres, ce sont des familles entières qui vivent dans la douleur.
Les blessés, parfois graves, sont souvent évacués vers Wouro-Sogui ou Linguère, faute d’équipements médicaux suffisants à Ranérou. Cette situation fragilise encore davantage une population déjà confrontée à l’isolement et au manque d’infrastructures de base.
Ce mercredi (le 10 septembre 2025, NDLR), un accident impliquant une voiture de type 4×4, en provenance de Wouro-Sogui, et qui selon les témoins, tentait d’éviter un cheval, a fait trois morts et un blessé grave qui, selon notre source se trouve dans le coma. Le chauffeur du véhicule est entre les mains de la gendarmerie.
Le maire de la commune de Oudalaye, Dr Oumar Ba, a récemment lancé un appel pressant. Dans une déclaration à la presse, il a plaidé pour l’installation urgente de ralentisseurs sur ce tronçon devenu trop meurtrier. Selon lui, « chaque jour de retard met des vies en danger ».
Le maire a également exhorté les chauffeurs à plus de vigilance et de responsabilité, rappelant que la prudence sur la route est aussi une question de citoyenneté et de respect de la vie humaine.Ce jeudi, les jeunes de la localité de Guenta Boki et des villages environnants ont décidé de bloquer la Route Nationale 3 pour exprimer leur colère et exiger des mesures de sécurité. Depuis janvier, la route a coûté la vie à plus de 15 personnes, provoqué une centaine de blessés et une trentaine d’accidents.
Selon Harouna Sow, porte-parole des manifestants, ce mouvement vise à rappeler aux autorités l’urgence de sécuriser non seulement les personnes, mais aussi le bétail, très exposé aux accidents. « Nous ne pouvons plus rester silencieux face à ces drames répétés », a-t-il déclaré.
Les jeunes dénoncent également le manque criant de moyens de secours. Harouna Sow a souligné que la zone est dépourvue d’ambulance et que, lors du dernier accident, les secours n’ont pu arriver qu’après trois heures d’attente, aggravant la détresse des blessés.
Cette mobilisation fait écho au plaidoyer du maire de Oudalaye, Dr Oumar Ba, qui avait récemment appelé à l’installation de ralentisseurs et exhorté les chauffeurs à plus de vigilance. Les habitants espèrent que la voix de la jeunesse et celle des élus locaux seront entendues par l’État.
Le blocage de la RN3 illustre le ras-le-bol des populations de Guenta Boki et environs. Entre les pertes en vies humaines, la souffrance des blessés et l’insécurité routière, les habitants n’attendent plus des paroles, mais des actes concrets.Le tronçon Linguère – Ranérou est aujourd’hui l’un des plus meurtriers du département.
Chaque accident qui s’y produit rappelle l’urgence d’agir pour sauver des vies. Les populations attendent des mesures concrètes et rapides afin que la route cesse d’être un piège mortel.
Petit Ba, journaliste radio pinal Ranérou
Merci beaucoup. Harouna sow et monsieur le maire .Dr Ba de votre engagement sur département