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Maroc : Mohammed VI répond, en filigrane, à la colère de la GenZ 212

Le roi Mohammed VI s’est adressé ce vendredi 10 octobre aux deux chambres du Parlement marocain, à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire. C’était sa première prise de parole publique depuis le début des manifestations de la “GenZ 212”, mouvement de jeunes Marocains mobilisés depuis deux semaines contre la politique du gouvernement. Quelques heures après ce discours, le collectif a annoncé la suspension temporaire de ses manifestations pour le week-end, avant une nouvelle mobilisation dans les prochains jours.

Dans son allocution, le souverain n’a jamais mentionné directement la contestation, mais les références à la crise sociale étaient claires pour qui voulait les entendre. « Il ne devrait y avoir ni antinomie, ni rivalité entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux », a-t-il déclaré, avant de rappeler que l’objectif fondamental restait d’améliorer les conditions de vie des citoyens. Ces propos ont été perçus comme une réponse implicite aux critiques des jeunes manifestants, qui reprochent au gouvernement de favoriser les projets d’infrastructure “vitrine” au détriment de l’éducation, de la santé et de l’emploi.

Malgré cette ouverture, la GenZ 212 a exprimé sa déception. Sur les réseaux sociaux et les salons de discussion du collectif, le sentiment dominant reste que le roi a évité les sujets sensibles, notamment la démission du gouvernement, principale revendication du mouvement. Une soixantaine de personnalités marocaines, parmi lesquelles Fouad Abdelmoumni, économiste et militant des droits humains, avaient signé plus tôt une pétition intitulée « Il est temps d’agir en profondeur », appelant à des réformes structurelles urgentes.

Le roi a également rappelé son discours du trône du 29 juillet, insistant sur la nécessité de réduire les disparités régionales et de bâtir une justice sociale plus équilibrée. Il a réaffirmé que l’emploi des jeunes, l’éducation et la santé demeuraient des priorités nationales, écho direct aux revendications du collectif. « Le cap tracé par le Maroc émergent exige la mobilisation de toutes les potentialités et un changement significatif des mentalités », a-t-il ajouté, invitant implicitement les institutions à réformer leurs méthodes de travail.

Devant le Parlement, une foule nombreuse s’est rassemblée pour écouter le discours royal. Lamia, une habituée des ouvertures parlementaires, confiait : « On aime le roi. Les problèmes viennent du gouvernement, pas de lui. On a confiance qu’il agira. » Des propos reflétant le soutien populaire persistant au souverain, malgré la colère croissante envers l’exécutif.

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