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Mbour : un maître coranique jugé pour sévices graves sur deux talibés

Le tribunal de grande instance de Mbour a examiné, ce mardi, une affaire qui met une nouvelle fois en lumière les dérives liées à l’encadrement de certains talibés. Le prévenu, Gora Fall, maître coranique, est poursuivi pour maltraitance sur deux enfants âgés de 9 et 10 ans.

Depuis le 24 juillet, il est détenu à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Mbour. Selon l’accusation, il aurait enchaîné et enfermé les deux enfants dans un enclos insalubre occupé par des moutons, leur reprochant de ne pas avoir remis la somme quotidienne de 300 FCFA. C’est un habitant du quartier Mboudaye, à Joal, qui a alerté les autorités, permettant la libération des victimes. Immédiatement prises en charge à la pédiatrie du centre de santé de Joal, elles ont ensuite été confiées à leurs familles, l’un à Thiès et l’autre à Nianing.

À la barre, le maître coranique a partiellement reconnu les faits, tout en tentant de minimiser la gravité de ses actes. Il a affirmé que les enfants n’étaient pas en contact direct avec les animaux et que l’enclos avait été nettoyé avant leur placement. Il a également nié avoir exigé une somme d’argent, soutenant qu’il ignorait l’illégalité de ses méthodes.

Ces déclarations contrastent fortement avec les témoignages des deux talibés, jugés accablants par le tribunal. Les enfants ont décrit des conditions de vie extrêmement dures : un seul repas par jour, parfois réduit à de la nourriture destinée aux moutons, et des châtiments corporels fréquents. Leurs récits, empreints de souffrance, ont profondément marqué le juge et le procureur.

Face à ces éléments, le procureur de la République a demandé une requalification des faits en « privation de nourriture » et « coups et blessures volontaires ayant entraîné des blessures ». Considérant la gravité des faits, il a requis cinq ans de prison ferme contre Gora Fall.

De son côté, l’avocat de la défense a plaidé pour une interprétation plus « bienveillante » de la loi, mettant en avant la méconnaissance du prévenu et appelant à une sanction moins lourde.

Le procès, qui suscite une vive émotion, sera clos le mardi 26 août, date fixée pour le délibéré.

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