Après plusieurs jours de violences, d’interpellations massives et de tensions extrêmes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), un premier signal d’apaisement est intervenu mercredi soir avec la libération de plus d’une centaine d’étudiants. Mais cette détente relative est aussitôt assombrie par la publication de conclusions médico-légales particulièrement graves concernant le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.
Selon L’Observateur, la majorité des 107 étudiants interpellés à la suite des affrontements ont retrouvé leurs familles. Cette vague de remises en liberté a été accueillie comme un soulagement par leurs camarades, mobilisés depuis lundi pour exiger leur élargissement. Toutefois, certains responsables d’amicales resteraient en détention, faisant face à des charges jugées lourdes en lien avec les violences sur le campus.
Si cette libération partielle peut être perçue comme un geste d’ouverture, la crise demeure loin d’être résolue. Sur le campus, la prudence reste de mise, tant la question des circonstances exactes de la mort d’Abdoulaye Ba continue de cristalliser les tensions.
Depuis l’annonce du décès, plusieurs versions ont circulé, évoquant tour à tour une crise d’asthme, une chute ou des violences survenues dans sa chambre. Mais une expertise médico-légale est venue apporter des éléments objectifs.
Le rapport d’autopsie, établi par le laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologique de l’Hôpital Idrissa Pouye de Grand Yoff et signé par le Dr M. A. Diallo, fait état de traumatismes multiples et sévères : contusions thoraco-abdominales, hémorragie sous-durale, fractures costales avec lésions pulmonaires, hémothorax, atteintes cardiaques, rénales et spléniques, ainsi que diverses plaies et dermabrasions.
Ces constatations médicales écartent la thèse d’un simple malaise et posent avec acuité la question centrale : dans quelles circonstances Abdoulaye Ba a-t-il subi de telles lésions ?
Alors que la libération d’une grande partie des étudiants peut ouvrir la voie à un apaisement, la gravité des conclusions médico-légales risque d’ouvrir une nouvelle phase de la crise, dominée par l’exigence de vérité et de responsabilités.
OUSMANE DIOP/SENEGALDIRECT






