Un vaste réseau de traite des personnes, opérant entre l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb, a été démantelé à la suite d’une enquête conjointe menée par les autorités ghanéennes et sénégalaises. Derrière une façade de recrutement sportif, l’organisation attirait de jeunes Sénégalais avec la promesse illusoire d’une carrière de footballeur, avant de les soumettre à un système d’exploitation et de travail forcé lié à la société Qnet.
L’affaire a éclaté après le décès de Cheikh Touré au Ghana, un drame qui a servi de déclencheur aux investigations. Les enquêteurs ont progressivement mis au jour un mécanisme bien rodé : les victimes étaient convaincues qu’elles rejoindraient une académie de football au Maroc, mais se retrouvaient en réalité piégées dans un réseau les contraignant à travailler pour Qnet, tout en recrutant de nouveaux jeunes Sénégalais.
D’après les révélations du quotidien Libération, les auditions croisées menées entre Dakar et Accra ont permis de recueillir des témoignages accablants. Khadim Ndiaye, surnommé « Bamba », et Mamadiang Kane, alias « Momo », décrivent une organisation structurée, fondée sur la manipulation psychologique, la pression morale et parfois l’intimidation. Un compatriote sénégalais installé au Ghana jouait le rôle de recruteur, servant d’intermédiaire et de caution de confiance avant de dévoiler la véritable nature du dispositif.
La mort de Cheikh Touré aurait provoqué une onde de choc au sein du réseau. Craignant une exposition médiatique et judiciaire, les responsables auraient tenté de se débarrasser des témoins en les abandonnant en Côte d’Ivoire avec une somme d’argent dérisoire. Leur retour a toutefois été rendu possible grâce à l’intervention solidaire d’une Sénégalaise ayant suivi l’affaire sur les réseaux sociaux. Les jeunes ont ainsi pu rallier Bamako, avant d’être rapatriés avec l’appui de l’ambassade du Sénégal au Mali.
L’enquête a établi l’implication directe de plusieurs responsables de Qnet, dont un chef de réseau de nationalité burkinabé et des complices sénégalais. Les éléments numériques et photographiques saisis sur les téléphones des suspects constituent désormais des pièces centrales permettant aux autorités ghanéennes de remonter l’ensemble de la filière et d’identifier d’autres ramifications du réseau.
Senegaldirect/la redaction






