Le Népal vit une crise sans précédent après les violentes émeutes de Katmandou, qui ont conduit à la démission du Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli. Dès lundi 8 septembre, la police a réprimé brutalement des manifestations contre la corruption des élites et le blocage des réseaux sociaux, faisant au moins 19 morts et de nombreux blessés. Les rues de la capitale étaient jonchées de carcasses de véhicules, de bâtiments incendiés et de commerces pillés.
Mercredi 10 septembre, l’armée népalaise a repris le contrôle de Katmandou, déployant d’importants effectifs, chars et véhicules blindés pour sécuriser les artères principales et maintenir l’ordre. La capitale reste sous strict couvre-feu, avec écoles, commerces et entreprises fermés. Plus de 13 500 détenus se sont échappés des prisons du pays pendant les émeutes, et trois policiers ont été tués, selon la police népalaise.
L’état-major a prévenu qu’il réprimerait tout acte de violence ou de pillage, tout en entamant un dialogue avec les manifestants, notamment ceux regroupés sous la bannière « Génération Z ». Le chef d’état-major, le général Ashok Raj Sigdel, a rencontré des représentants des contestataires pour apaiser la situation. Selon Jean-Christophe Ryckmans, spécialiste du Népal, une transition politique pourrait résoudre la crise, sinon l’armée pourrait s’impliquer davantage dans la gouvernance.
Les appels au calme se multiplient, de l’ONU au Premier ministre indien Narendra Modi, tandis que la Chine conseille à ses ressortissants de rester prudents. Malgré la réouverture de Facebook, X et YouTube, la colère des jeunes persiste, avec des bâtiments publics et le Parlement incendiés, ainsi que le domicile du Premier ministre démissionnaire saccagé. Le nom de Balendra Shah, maire de Katmandou, revient comme possible leader d’un gouvernement de transition.
La situation reste extrêmement tendue, et la communauté internationale suit de près l’évolution de cette crise majeure pour la stabilité du Népal.