Présenté comme l’homme fort du régime, Ousmane Sonko montre aujourd’hui un visage plus nuancé. Sa dernière sortie publique a révélé une double faiblesse : personnelle et institutionnelle. Loin de l’image d’un Premier ministre omnipotent, Sonko apparaît vulnérable, aussi bien face aux critiques que dans l’exercice de ses fonctions.
Sur le plan personnel, le leader du Pastef semble affecté par les attaques venant des réseaux sociaux et des médias. Pourtant, son parti domine largement la scène politique. Hormis quelques figures isolées, comme Thierno Alassane Sall ou Madiambal Diagne, l’opposition semble marginale. Mais Sonko déplore l’inaction de ses propres camarades, qu’il accuse de se reposer sur leurs privilèges. Il regrette aussi que certains responsables créent des clans et l’abandonnent face aux critiques, tandis que le président Diomaye Faye bénéficie d’une image plus apaisée.
Sur le plan institutionnel, Sonko laisse entendre qu’il n’a pas le pouvoir qu’on lui prête. Il affirme avoir alerté Diomaye Faye sur les attaques le visant, sans obtenir de réponse. Cette situation le frustre d’autant plus qu’il estime que certaines décisions, notamment judiciaires, lui échappent. Sonko évoque même une stratégie du « système » visant à isoler le président de sa base politique.
Ainsi, le Premier ministre semble chercher à renforcer sa légitimité en tant que patron du parti. Il réclame plus d’autorité, affirmant : « qu’on me laisse gouverner » ou encore « si j’étais là où je devais être ». Des paroles qui traduisent un malaise croissant entre Sonko et Diomaye Faye, sans pour autant indiquer une volonté de rupture.