L’État sénégalais poursuit ses efforts pour reprendre le contrôle de son patrimoine immobilier et corriger des contrats jugés désavantageux pour les finances publiques. Une opération de renégociation menée sur plusieurs conventions immobilières a permis de récupérer près de 25 milliards de francs CFA.
L’annonce a été faite par le directeur général de la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État, Elimane Pouye, dans des déclarations relayées par le quotidien Libération. Selon lui, cette somme provient d’un processus de renégociation de contrats liés à des biens immobiliers appartenant à l’État, après un audit portant sur 19 conventions d’attribution.
Les investigations ont mis en évidence plusieurs irrégularités dans la gestion antérieure du patrimoine public. L’audit révèle notamment que certains immeubles et terrains de l’État avaient été attribués à des opérateurs privés ne disposant ni des capacités techniques ni des moyens financiers nécessaires pour mener à bien les projets immobiliers prévus.
Dans certains cas, des tiers exploitaient également des biens immobiliers publics d’une valeur importante sans que l’État n’en tire un bénéfice financier significatif. Les estimations issues de l’audit évoquent une valeur globale de ces actifs dépassant 50 milliards de francs CFA.
Face à ces constats, la SOGEPA a engagé des discussions avec les bénéficiaires concernés afin de rééquilibrer les contrats et renforcer la protection du patrimoine immobilier de l’État. Cette démarche a permis, selon la structure, de récupérer près de 25 milliards de francs CFA, un résultat présenté comme majeur dans l’opération d’assainissement engagée.
Parallèlement, les autorités cherchent également à réduire les dépenses liées à la location de bâtiments administratifs, évaluées auparavant à environ 16 milliards de francs CFA par an. L’une des solutions privilégiées consiste à réaffecter des infrastructures publiques existantes.
C’est dans ce cadre que l’ancien siège du Haut Conseil des Collectivités Territoriales accueille désormais le Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public. Cette réorganisation permettrait à l’État de réaliser près de 600 millions de francs CFA d’économies annuelles, correspondant à un loyer auparavant versé à un bailleur privé.






