Le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a été le théâtre, vendredi, d’une audience hors norme, illustrant la complexité et la gravité d’une affaire mêlant mœurs, exploitation de mineures et dérives liées aux réseaux informels. Treize prévenus, dont la principale mise en cause Bineta S., connue sous le sobriquet de « Bineta mécanicien », ont défilé devant le juge dans une salle comble, sous une atmosphère lourde et tendue.
Interpellés par la Brigade de gendarmerie de Keur Massar, les prévenus sont poursuivis pour association de malfaiteurs, un chef d’accusation commun qui sert de socle à un dossier aux ramifications multiples. Pour huit d’entre eux, la justice retient également la « mise en danger de la vie d’autrui », une qualification pénale révélatrice de la portée des faits reprochés, selon les informations de L’Observateur.
Le dossier prend une tournure plus inquiétante encore avec les accusations visant Bineta S. et M. Ndiaye, dite « Mathiou », soupçonnées d’avoir incité des mineures à la débauche. Des faits qui suggèrent l’existence de pratiques clandestines structurées, impliquant des jeunes filles vulnérables et organisées à l’abri des regards.
À ces charges s’ajoute, pour « Mathiou », la détention d’images contraires aux bonnes mœurs, mettant en lumière l’usage problématique du numérique dans cette affaire. Un volet qui renforce les préoccupations autour de la protection des mineurs et de la banalisation de contenus illicites.
Par ailleurs, les gestionnaires de l’appartement mis en cause sont poursuivis pour non-respect de la réglementation sur les établissements touristiques, rappelant la responsabilité des propriétaires dans l’encadrement des logements meublés.
Faute de constitution d’avocats pour certains prévenus, le tribunal a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 14 janvier 2026, afin de garantir le respect des droits de la défense. Une décision procédurale qui reporte un procès très attendu, dans une affaire appelée à susciter un vif débat public.