Le quartier Darou Salam 6, à Yeumbeul Nord, revit le drame du 19 mars 2019 alors que M.C. Thiam, alias Mouhamed, comparaît devant la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye. L’homme est accusé d’avoir noyé le petit Ahmad Seydi, 3 ans, fils de son voisin, dans ce qui serait une vendetta mystique. L’accusé encourt la prison à perpétuité.
Hier, l’atmosphère était lourde dans la salle d’audience. Six ans après les faits, le souvenir de l’enfant demeure intact dans la mémoire du quartier. Le corps d’Ahmad avait été retrouvé sur la plage de Malika le 1er mars 2019, encore humide, présentant des signes d’asphyxie confirmés par l’autopsie.
Selon l’ordonnance de renvoi du 10 décembre 2025, Thiam aurait attiré l’enfant dans l’arrière-boutique le 28 février 2019, profitant de l’heure de la prière pour agir à l’abri des regards. Le petit aurait été incité à le suivre grâce à un sachet de lait caillé, avant d’être noyé dans un réservoir de 50 cm. Le mobile avancé par l’accusation : une vengeance contre le père de l’enfant, supposé jeter des sorts pour provoquer ses migraines chroniques.
À la barre, Thiam a minimisé sa responsabilité, évoquant une perte de contrôle et un état de confusion, tout en ayant tenté de fuir vers la Mauritanie avant de se rendre. Pour le procureur, les preuves montrent un acte prémédité et calculé, avec transport clandestin du corps à vélo. Il a requis les travaux forcés à perpétuité.
La défense plaide la démence, évoquant des troubles mentaux nécessitant une expertise psychiatrique. Les avocats Me Thioye et Pape Mor Niang ont demandé une application bienveillante de la loi, parlant d’une « autopsie de l’esprit » à réaliser.
Le délibéré est attendu le 7 avril, date à laquelle la chambre criminelle tranchera sur ce meurtre qui a profondément marqué le quartier et l’opinion publique.
BIRAMA/SENEGALDIRECT

