Sur le plateau de la CNM, Alioune Kandji, plus connu sous le sobriquet de Major Kandji, n’a pas utilisé la langue de bois pour disséquer le duo au sommet de l’État. Pour cet opposant au verbe haut, le constat est sans appel : la cohabitation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son mentor Ousmane Sonko ressemble de plus en plus à un mariage de raison qui entrave l’action présidentielle.
Selon lui, le chef de l’État aurait des ambitions de réforme bien plus rapides que celles de son Premier ministre, mais se retrouverait bridé par l’influence pesante du leader de Pastef. « Le Président a ses propres schémas pour accélérer la cadence, mais il est bloqué par Sonko », martèle-t-il. Pour Major Kandji, l’urgence est ailleurs : il faut rassurer des investisseurs et des bailleurs de fonds refroidis par un climat politique jugé trop conflictuel. Entre menaces et erreurs de communication, le « style Pastef » ferait fuir les capitaux nécessaires au développement du pays.
L’heure du divorce ?
Allant encore plus loin dans sa réflexion, l’opposant appelle purement et simplement à une rupture radicale. Pour lui, le parti au pouvoir est devenu un boulet pour l’institution présidentielle. « Diomaye ne peut pas gouverner avec Pastef. En toute honnêteté, ce parti doit s’effacer », lâche-t-il, avant de défier ceux qui craindraient une crise politique en cas de séparation : « Rien ne se passera. Si le Président s’appuie sur sa propre coalition, d’ici décembre, Pastef ne sera plus qu’un lointain souvenir. »
Major Kandji termine son analyse par une note sombre sur le leadership d’Ousmane Sonko. Il décrit un leader « otage » de sa base juvénile et prédit une vague de trahisons internes qui sonnera, selon ses dires, le glas du parti d’ici la fin de l’année. « C’est lui qu’il faut plaindre. Retenez bien cette date : en décembre, Pastef n’existera plus », a-t-il conclu avec une assurance qui n’a pas manqué de faire réagir.






