Le geste de Pape Thiaw — demander à ses joueurs de quitter la pelouse — n’était pas un simple caprice, mais une réaction à une suite d’événements perçus comme une « mascarade » arbitrale :
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Le but refusé : À la 92e minute, un but sénégalais est annulé sans recours clair à la VAR, alors que l’action semblait licite.
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Le penalty litigieux : Quelques minutes plus tard, un penalty est accordé au Maroc pour une faute contestable.
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L’honneur avant tout : Pour beaucoup de supporters, Pape Thiaw a refusé de se laisser « humilier » par un arbitrage perçu comme orienté. En ordonnant la sortie, il a marqué une rupture symbolique forte contre ce que certains appellent la « combine » des instances.
La comparaison avec Lionel Messi : Le « deux poids, deux mesures »
Deux incidents majeurs impliquant l’Argentin :
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Novembre 2023 (Brésil vs Argentine) : Face à la violence de la police brésilienne contre les supporters argentins, Messi a ordonné à son équipe de quitter le terrain. Le match a repris 27 minutes plus tard. Résultat : Aucune sanction individuelle contre Messi. FIFA a enquêté sur l’organisation, mais le capitaine n’a pas été inquiété pour son leadership dans le retrait de l’équipe.
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Copa America 2019 : Messi avait dénoncé la « corruption » de la CONMEBOL en faveur du Brésil. Il avait écopé de 3 mois de suspension et 50 000 $ d’amende.
Pourquoi la différence ? Si la CAF sanctionne lourdement Pape Thiaw (on parle d’une suspension pour la Coupe du Monde), cela confirmerait un sentiment d’injustice : un coach africain serait puni pour avoir défendu l’intégrité de son équipe, là où une star mondiale comme Messi est souvent épargnée pour des actes de protestation similaires.
Pourquoi il faut « protéger » Pape Thiaw
Protéger Pape Thiaw, c’est protéger l’avenir du football africain pour plusieurs raisons :
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La lutte contre la complaisance : En restant passif, un coach accepte tacitement les erreurs. En agissant, il force le débat sur la transparence de l’arbitrage et de la VAR en Afrique.
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La protection des acteurs : Thiaw a également dénoncé les failles de sécurité (joueurs exposés à la foule avant le match). Un coach qui met la sécurité et la dignité de ses hommes avant tout mérite un soutien institutionnel.
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Un symbole de souveraineté : Le Sénégal a remporté la finale sur le terrain (1-0). Sanctionner le coach après un sacre historique serait perçu comme une revanche politique des instances (CAF) pour avoir « gâché la fête » protocolaire.
Le courage face au règlement
Si le règlement de la CAF interdit strictement de quitter le terrain (article sur le comportement antisportif), la morale sportive plaide en faveur de Pape Thiaw. Son acte a permis de libérer une parole sur l’arbitrage « maison » et les pressions exercées sur les sélections visiteuses.
Pape Thiaw a agi comme un leader de « génération 2002 », refusant la fatalité. Vouloir le suspendre pour la Coupe du Monde serait une punition disproportionnée qui masquerait les vrais problèmes de gouvernance du football africain. Le football a besoin de coachs qui osent dire « non » quand l’éthique est bafouée.
La redaction de senegal direct






