Chers compatriotes,
Je condamne, déplore et manifeste les dires regrettables, inacceptables, irrespectueux et contraires aux coutumes républicains ainsi qu’aux cadres juridiques qui régissent les rapports entre l’État et les collectivités territoriales, du sieur Latyr Ndiaye, Préfet de la ville de mbossé (Kaolack) à l’endroit du sieur serigne Mboup (Maire de ladite Ville) survenus ce dimanche 3 Août 2025 lors de la Journée Nationale de l’Arbre.
Quelque soit la situation, en ordonnant au commandant de la police de kaolack : « dégagez-moi ce gars-là (le maire) », le Préfet a ouvert une fenêtre dangereuse, une posture chaude en atteignant un seuil incommensurablement grave, portant bien sûre atteinte à la dignité d’une autorité élue au suffrage universel direct au même titre que les députés de la république et le President de la Republique.
Vous savez, le maire est le chef de l’exécutif de la commune, élu par les habitants, tandis que le préfet est un haut fonctionnaire de l’État, nommé par le gouvernement, représentant de l’État dans le département. Le maire gère les affaires municipales et le préfet assure la coordination des services de l’État et veille à l’application des lois et règlements. Et bien, ils sont tous des autorités. Chacun doit respecter l’autre. On ne peut pas imaginer des politiques publiques sans consulter les maires, donc, la proximité entre le préfet et le maire les oblige à travailler ensemble et à dialoguer étroitement. Étant en conflit actuellement, on doit le plus rapidement possible les réconcilier. Et pour cela, j’interpelle le médiateur de la république, les autorités religieuses de Kaolack, le ministre des collectivités territoriales et le ministre de l’intérieur, à faire preuve de pragmatisme afin que la paix puisse s’installer. Ou même, faire muter le préfet, car connaissant le maire, je pense que le lien qu’ils avaient ensemble, s’est achevé à partir d’aujourd’hui.
Toute fois, il serait judicieux, de rappeller ici les textes sénégalais qui protègent l’exercice de la fonction de maire:
On a la loi 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des
Collectivités locales. Où dans l’article 267, on dit clairement que le Maire est chargé de la gestion du domaine public communal; l’article 274 toujours dudit code dispose que le maire est responsable de la police municipale, pour garantir ordre, sécurité, salubrité et tranquillité; et même article 118 consacre le dédoublement fonctionnel du Maire qui agit à la fois comme organe exécutif de la commune et comme agent de l’État.
On a aussi, la charte fondamentale, qui la constitution, à son article 102 qui dispose que les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus, dans les conditions prévues par la loi.
Ainsi, le préfet doit respecter le mandat électif du maire, ses compétences et son rôle en tant qu’élu du peuple. Mais aussi, le maire doit respecter l’autorité de l’État, représentée par le préfet, notamment en matière de réglementation et de sécurité. Et les deux doivent maintenir une relation basée sur la courtoisie, la coopération et la communication, même en cas de désaccord.
J’en profite pour magnifier et gratifier le geste républicain et professionnel du commandant de la police de Kaolack qui a refusé avec élégance d’exécuter un ordre manifestement illégal venant du préfet. Son comportement qui répond à l’éthique, a honoré notre res publica.
In fine, je termine pour dire, actuellement, de prima falsi, nous avons besoin de débats scientifiques, de rénovations et non de divisions. Notre chef Sénégal mérite une République apaisée où le citoyen comprend, où l’élu écoute, et où l’administrateur respecte. Un pays où l’on débat avec hauteur, modestie et respect loin du fracas et des conflits.
La précipitation dans les jugements populaires est un danger car elle fragilise la confiance, retarde la symphonie structurale de l’avancement du pays, radicalise les opinions, et transforme chaque désaccord en affrontement, donc, nous met tous en danger.
Les autorités administratives surtout ceux issus des grandes écoles comme ENA; ESEA; CFJ…doivent savoir que c’est dans le recul, le dialogue, le pardon, l’empathie, la discipline, le professionnalisme, la courtoisie, et la pédagogie que se construit nos pays africains et par extension notre pauvre Sénégal.
Ensemble, refusons les procès expéditifs, évitons les différends; promouvons la cohésion sociale; mettons le pardon et la compréhension au centre de nos institutions; bannissons nos mauvais comportements et faisons le tout pour ne plus voir ces genres de choses dans notre pays !
Yalla na diamou yague !
Signé, SE KALIDOU BÂ.
– Étudiant en droit à l’Institut Supérieur de Droit de Dakar ;
– Étudiant en Sciences Politiques à la FSJP de l’UCAD;
– Acteur de développement.