Le débat sur le recrutement d’enseignants sénégalais par la République de Guinée continue de susciter des réactions dans le milieu universitaire. Intervenant sur le plateau de l’émission Point de Vue diffusée sur la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), le philosophe et universitaire Souleymane Bachir Diagne a appelé à une lecture rigoureuse et apaisée de la situation, loin des interprétations alarmistes.
Pour l’intellectuel sénégalais, la question ne relève ni d’un exode massif des compétences ni d’un abandon des universités nationales. Elle pose avant tout un problème de respect des règles qui gouvernent la carrière académique. « On ne peut être titulaire de deux postes à la fois », a-t-il rappelé, soulignant l’importance de clarifier le statut administratif et professionnel des enseignants concernés.
Souleymane Bachir Diagne estime que l’enjeu principal se situe sur le terrain juridique et institutionnel. Il juge légitime que les autorités sénégalaises s’interrogent sur les conditions dans lesquelles des enseignants interviennent à l’étranger, notamment en ce qui concerne la gestion de leur charge de travail et leurs obligations dans leurs universités d’origine.
Refusant les discours émotionnels, l’universitaire a également relativisé l’idée d’un départ définitif vers la Guinée, rappelant que la mobilité académique, lorsqu’elle est bien organisée, fait partie des pratiques normales dans l’enseignement supérieur. Toutefois, il insiste sur la nécessité d’un encadrement strict, fondé sur des accords clairs entre États et institutions.
Pour lui, la mobilité des enseignants peut constituer un atout pour le développement des universités africaines, à condition qu’elle ne fragilise ni les systèmes nationaux ni la qualité de l’enseignement dispensé localement.
Senegaldirect/la redaction






