Lors de la présentation du Plan de redressement économique et social (PRES) ce vendredi au Grand Théâtre national, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu à dissiper toute confusion avec les précédents programmes économiques appliqués au Sénégal. Réagissant à l’interpellation de Mohamadou Madana Kane, représentant d’acteurs politiques présents à la cérémonie, Sonko a clairement affirmé que le plan actuel « n’a rien à voir avec le PREF, le PREC, le PRES ou d’autres plans mis en œuvre dans le passé ».
« Ce plan est totalement différent du Plan de redressement économique et financier de 1979 (PREF). Il est pensé pour répondre aux défis spécifiques de notre époque et s’inscrit dans une logique d’autonomie économique », a-t-il déclaré. L’intervention de M. Kane portait notamment sur les risques de voir ce plan suivre le même destin que le PREF, qui avait conduit à l’application d’un programme d’ajustement structurel dans les années 1980.
En réponse, Ousmane Sonko a reconnu que le PREF avait été « un échec », soulignant qu’il s’agissait d’un plan « très mal conçu » qui n’avait pas su répondre aux besoins de l’époque. Il a insisté sur le fait que son gouvernement entendait tirer les leçons de cette période pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.
« Notre plan ne prétend pas tout régler. Il ne résoudra pas l’ensemble des problématiques économiques et sociales, mais il apportera des réponses substantielles à plusieurs d’entre elles. Surtout, il nous redonne une marge de manœuvre », a-t-il précisé.
Ce Plan de redressement économique et social vise avant tout à mobiliser les ressources internes du pays, à rationaliser les dépenses publiques, et à renforcer la souveraineté économique. Il s’inscrit dans une vision de rupture avec les schémas dictés de l’extérieur, en misant sur l’autonomie budgétaire, la justice sociale et l’investissement structurant.
Ousmane Sonko a enfin invité les acteurs politiques à sortir d’une lecture dogmatique des politiques économiques. Il a réaffirmé que le Sénégal devait se libérer des modèles qui ont montré leurs limites, en bâtissant une économie résiliente, ancrée dans les besoins de ses citoyens.