Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a initié une série de consultations avec les partis politiques légalement constitués, marquant une étape importante dans le processus de réformes institutionnelles en cours au Sénégal.
Cette première rencontre, qualifiée de stratégique par les autorités, a réuni plusieurs acteurs politiques de premier plan, dont d’anciens ministres tels qu’Aly Ngouille Ndiaye et Serigne Mbacké Ndiaye, ainsi que des représentants du Parti Démocratique Sénégalais (PDS).
Selon le communiqué officiel publié le 22 avril, cette concertation dépasse le simple cadre protocolaire et vise à partager des informations liées à l’organisation du processus électoral. Elle constitue également le premier échange direct entre le ministre Mouhamadou Bamba Cissé, en charge du département depuis septembre 2025, et la classe politique dans ce nouveau cadre institutionnel.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par d’importantes réformes en préparation. La présidence a en effet finalisé plusieurs avant-projets de loi portant sur la révision constitutionnelle, la création d’une Cour constitutionnelle, la réforme du Code électoral incluant la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi qu’un encadrement renforcé des partis politiques. Ces textes sont actuellement soumis à consultation publique avant leur examen par l’Assemblée nationale.
Cependant, ces projets ne font pas l’unanimité. Une partie de l’opposition et de la société civile critique notamment le manque de consensus autour de leur élaboration. Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a d’ailleurs annoncé son absence à certaines rencontres, dénonçant une démarche jugée insuffisamment inclusive.
Malgré ces divergences, la présence de figures politiques aux parcours variés, comme Aly Ngouille Ndiaye, témoigne d’une volonté d’une partie de l’opposition de maintenir un canal de dialogue ouvert avec les autorités.
Lors de précédents débats nationaux, certains responsables politiques avaient déjà insisté sur la nécessité de réformes profondes du système électoral et institutionnel, tout en appelant au renforcement des libertés publiques.
Dans un pays où les réformes électorales ont historiquement reposé sur la concertation entre acteurs politiques, administration et société civile, cette nouvelle série de discussions est perçue comme une étape décisive pour préserver la stabilité et la crédibilité du système démocratique.




