L’adoption en Conseil des ministres, le mercredi 7 janvier 2026, du projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM) marque une étape importante dans la réforme du paysage médiatique sénégalais. Destinée à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), cette nouvelle instance suscite à la fois espoirs et frustrations au sein de la presse en ligne.
L’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (APPEL) a ainsi pris acte de cette décision, saluant le principe même de la mise en place d’un organe de régulation élargi, en phase avec les mutations numériques. Pour l’organisation, la création du CNRM répond à une revendication ancienne : celle de doter le secteur médiatique d’un cadre de régulation transversal, capable d’encadrer l’ensemble des supports, notamment les médias digitaux, devenus centraux dans la production et la diffusion de l’information.
Toutefois, derrière cette satisfaction de principe, l’APPEL exprime un profond malaise quant à la méthode ayant conduit à l’élaboration du projet de loi. L’association dénonce son exclusion du processus, affirmant ne pas avoir été associée aux travaux depuis l’atelier de partage tenu le 24 janvier 2025, sous l’égide du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique.
Selon les éditeurs de la presse en ligne, le texte aurait été élaboré sans concertation réelle avec les acteurs directement concernés, au profit d’un travail conduit en cercle restreint. Une démarche que l’APPEL juge en rupture avec les pratiques de dialogue et de consensus qui ont historiquement encadré les réformes du secteur des médias au Sénégal.
Faute d’avoir eu accès au contenu du projet, l’organisation estime ne pas être en mesure de se prononcer, ni sur les dispositions techniques ni sur les modalités de fonctionnement du futur CNRM. Elle regrette que les professionnels du numérique, pourtant au cœur des enjeux de régulation contemporaine, découvrent tardivement un texte appelé à structurer durablement leur activité.
Senegaldirect/la redaction