Dans un entretien exclusif accordé à POLITICO, le président américain Donald Trump a livré une critique d’une rare virulence contre les dirigeants européens, qu’il juge « faibles » et incapables de répondre aux crises majeures du continent. Selon lui, l’Europe traverse une phase de « décrépitude », marquée par une incapacité à contrôler les flux migratoires et à avancer vers une issue à la guerre opposant l’Ukraine à la Russie.
Trump, interrogé depuis la Maison-Blanche, n’a donné aucune garantie quant à un soutien américain durable à l’Ukraine, un sujet qui préoccupe fortement les capitales européennes. Au contraire, il estime que Moscou se trouve en « position de force » face à Kiev, renforçant les craintes d’un retrait stratégique des États-Unis. Le président affirme même avoir proposé un plan de paix que certains responsables ukrainiens jugeraient intéressant, mais que le président Volodymyr Zelensky n’aurait pas encore examiné.
Le président américain s’est également montré déterminé à peser sur les élections européennes, assumant sans détour vouloir soutenir des candidats qui partagent sa vision. Il cite notamment le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, dont il admire les politiques strictes en matière de contrôle des frontières. Ces déclarations ont suscité de vives réactions en Europe. Le président du Conseil européen, António Costa, a critiqué sévèrement l’approche de Washington, rappelant qu’« un allié ne menace pas d’interférer dans les choix politiques internes de ses partenaires ».
La publication récente de la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis, déjà jugée hostile par plusieurs États européens, avait jeté un premier froid. Trump a enfoncé le clou dans cet entretien, affirmant que certaines villes européennes, comme Londres ou Paris, seraient « débordées » par l’immigration. Il a même attaqué personnellement le maire de Londres, Sadiq Khan, qu’il qualifie de « désastre ».
Sur le plan international, Trump envisage également de renforcer les actions militaires américaines en Amérique latine, notamment contre les réseaux liés au trafic de drogue. Il refuse d’exclure l’envoi éventuel de troupes au Venezuela pour accélérer la chute du président Nicolás Maduro.