L’enquête qui secoue le milieu médiatique et social sénégalais ne semble pas près de connaître son épilogue. Ce qui n’était au départ qu’une procédure ciblée s’est transformé en un véritable coup de filet national, piloté d’une main de fer par le tribunal de Pikine-Guédiawaye. Selon les dernières révélations du quotidien Libération, le compteur des interpellations vient d’atteindre le chiffre symbolique de 40 individus.
Tout est parti d’une délégation judiciaire confiée aux redoutables éléments de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar. Depuis, les gendarmes multiplient les descentes, de Dakar à Thiès, pour démanteler ce que les autorités considèrent comme un vaste réseau. Le juge d’instruction ne faiblit pas : sur les 40 personnes arrêtées, 37 dorment déjà en prison sous mandat de dépôt.
Le « Yoss » de Thiès et les aveux de Saliou
La pression est montée d’un cran ce week-end. Après l’arrestation de quatre suspects lundi dernier dans la « Cité du Rail », un nouvel individu a été appréhendé jeudi à Thiès, suivi d’un autre le lendemain à Dakar. Parmi eux, un certain Saliou, dont le témoignage risque de faire l’effet d’une bombe.
Acculé par des preuves techniques irréfutables, Saliou est passé aux aveux lors de son audition. Se présentant comme un « Yoss » (un partenaire occasionnel rémunéré), il a admis avoir entretenu des rapports tarifés avec l’animateur Pape Cheikh Diallo et Ibrahima Magib Seck. Ses déclarations, détaillant un système de prestations sexuelles contre de l’argent, ont apporté une pièce maîtresse au puzzle des enquêteurs.
Désormais, l’ombre de nouvelles arrestations plane. Les enquêteurs exploitent chaque message, chaque transaction et chaque témoignage pour identifier d’autres maillons de cette chaîne. À ce stade, l’ampleur du dossier dépasse toutes les prévisions initiales, laissant présager un procès hors norme pour ce réseau qui s’étend bien au-delà de la capitale.






