Une opération menée dans le nord du Sénégal met en lumière les mécanismes d’exploitation sexuelle et les réseaux qui peuvent s’y greffer. Le 20 avril 2026, la Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et Pratiques Assimilées (DNLT), relevant de la Direction de la Police Aux Frontières (DPAF), a présenté au parquet un individu poursuivi pour plusieurs infractions graves, dont traite des personnes et proxénétisme.
L’affaire trouve son origine dans une intervention du Commissariat Spécial de Rosso. Sur place, plusieurs femmes, de nationalités diverses, ont été identifiées dans une auberge locale, « Le Walo », où elles exerçaient des activités de prostitution selon leurs propres déclarations.
Entendues par les enquêteurs, elles ont indiqué être hébergées dans cet établissement contre une somme journalière fixée à 16 000 FCFA, incluant la possibilité de recevoir des clients. Les éléments recueillis évoquent un système organisé, reposant sur la mise à disposition de chambres et la perception régulière de revenus par le propriétaire des lieux.
Le dossier a pris une dimension plus préoccupante avec le témoignage de l’une des femmes, qui affirme avoir été recrutée à l’étranger avant d’être contrainte à la prostitution. Elle évoque l’existence d’une dette imposée, présentée comme des frais de voyage, et servant de levier de pression pour maintenir son exploitation.
Face aux enquêteurs, le suspect reconnaît être le propriétaire de l’établissement et percevoir les paiements quotidiens. Il conteste toutefois toute contrainte, soutenant que les occupantes agiraient de leur propre initiative. Il admet en revanche exploiter l’auberge sans autorisation administrative conforme, bien qu’il affirme disposer d’une licence pour la vente de boissons.





