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Sémou n’avait aucune raison de se suicider ; il a construit sa maison et allait se marier

La police des Parcelles Assainies de Dakar tient toujours à démêler l’écheveau dans l’affaire du policier Mame Sémou Diouf, décédé jeudi dernier, vers 15h, chez lui, aux Parcelles Assainies. Cependant, beaucoup d’éléments de preuve matérielle écartent la thèse du suicide par arme à feu de l’agent de police de la 35ème promotion, qui a rejoint récemment son nouveau poste d’affectation à la Direction de la police des étrangers et des titres de voyage.

La thèse avancée du suicide par arme à feu du policier Mame Sémou Diouf serait une fausse piste. Elle peine difficilement à prospérer devant les éléments de constatations visuelles des faits, qui militent rigoureusement pour autre chose que le suicide en question.

La tête du policier aurait exploser s’il s’était tiré une balle sur la tempe avec son arme de marque Taurus

Après la découverte du corps sans vie du policier, les limiers se sont rendus dans la maison où ce dernier vivait seul et cohabitait avec d’autres personnes. Mais, après le drame, la thèse du suicide par arme à feu a été aussitôt privilégiée. Une version qui a cependant fondu comme beurre au soleil au contact de quelques éléments de preuves matérielles, suite à l’examen visuel du corps de l’agent de police de la 35ème promotion. «Si le policier s’était réellement tiré sur la tempe une balle avec son arme de service de marque Taurus, qui est une arme puissante, sa tête aurait à coup sûr explosé. Et aucun individu n l’aurait reconnu ou identifié à première vue. Car la balle allait lui traverser la tête et l’impact allait être énorme et dévastateur, avec à la clef du sang à gogo un peu partout au sol. D’autant que tout le monde s’accorde à dire que le tir était à bout portant», ont confié nos interlocuteurs. Qui réfutent catégoriquement la thèse du suicide du policier par arme à feu prématurément avancée.
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Comment peut-on se tirer une balle dans la tête, rester encore en vie et mourir 3h plus tard ?

D’autres éléments de preuves matérielles confortent également nos informateurs dans leur position et démontent du coup la thèse du suicide par arme à feu. «Comment peut-on se tirer une balle dans la tête et rester encore en vie, malgré la violence du choc, avant de mourir trois heures de temps plus tard ? Ce qui est trop gros pour être vrai. Tout n’est pas encore dit dans cette affaire, qui contient beaucoup de zones d’ombre», ont soutenu mordicus nos sources. Qui invitent les policiers des Parcelles Assainies à effectuer une enquête préliminaire approfondie et exhaustive sur les véritables circonstances du tragique décès de leur collègue. Ils exhortent les enquêteurs à effectuer des auditions tous azimuts des parents, colocataires et collègues de service du défunt, histoire de cerner les contours de l’affaire, mais aussi connaitre ses derniers instants de vie et autres confidences faites. Aussi, ajoutent-ils en s’interrogeant, «quels sont ceux qui étaient présents sur les lieux juste après les faits ? Combien étaient-ils sur la scène du drame à essayer de secourir le flic mourant, avant de l’acheminer en catastrophe à l’hôpital ? Pourquoi ces derniers n’ont-ils pas alerté ou attendu les sapeurs-pompiers pour l’évacuer ?»

Pourquoi l’arme a disparu après le drame ou enlevée de la scène de crime puis rangée ?

Un autre fait aussi bizarre que suspect a aussi intrigué nos interlocuteurs, qui sont restés abasourdis et bouche-bée lorsqu’ils ont appris que l’arme de service de leur collègue a aussitôt disparu après les faits ou enlevée de la scène de crime puis rangée quelque part avant d’être remise aux enquêteurs. Ce qui constituerait une violation flagrante de la scène de crime avec un risque réel de détérioration de toutes traces ou indices susceptibles de déterminer la nature de l’horreur. «Pourquoi l’arme a aussitôt disparu après les faits ou a-t-elle été enlevée de la scène puis rangée ? C’était à quelles fins ? N’était-ce pas une manière d’effacer éventuellement toutes empreintes sur l’arme ? Et si réellement il s’est tiré une balle dans la tête, pourquoi n’ont-ils pas laissé l’arme à ses côtés, en attendant l’arrivée de la police et des sapeurs-pompiers ? Pourquoi l’autopsie n’a pas tout révélé ? Quid de l’enterrement dans la précipitation et de la non-audition des colocataires et autres proches ?», ont fait remarquer nos informateurs.
Autant d’interrogations et zones d’ombre sur l’affaire qui continuent encore d’alimenter les discussions dans les chaumières et tarauder les esprits. Mame Sémou Diouf est de la deuxième classe d’auxiliaires de police (Ap 2). Il a travaillé à l’aéroport avant de rejoindre la Direction des passeports.
Vieux Père NDIAYE

Sémou n’avait aucune raison de se suicider ; il a construit sa maison et allait se marier

Des collègues de la 35ème promotion de la deuxième classe d’auxiliaires de police (Ap2) de feu Mame Sémou Diouf ont tenu à témoigner de la générosité, de la disponibilité, mais surtout du grand sens de l’humour du défunt. «Il était en bons termes avec tout le monde. Notamment avec nous qui sommes ses camarades de promotion dans la police», ont soutenu nos interlocuteurs. Et de poursuivre : «on partage le même groupe WatsApp. On a échangé la veille dans ledit groupe. Il était plein de vie et ne laissait apparaitre aucun signe qui pouvait présager une telle horreur. Il participait aux discussions entre collègues promotionnaires et faisait des blagues. Il n’avait aucune raison de se suicider», ont indiqué nos sources. «Sémou avait d’ailleurs fini de construire sa maison à Diakhao Sine et s’apprêtait à se marier. Ses parents vivent à Thiès».
V. P. NDIAYE

LES ECHOS

jotaay.net

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