Lors d’une journée dédiée aux martyrs et aux victimes des événements politiques survenus sous l’ancien régime, Ousmane Sonko s’est longuement adressé aux ex-détenus et aux familles endeuillées. La rencontre, marquée par des témoignages poignants et des critiques virulentes envers certaines autorités actuelles, a été l’occasion pour le leader de Pastef d’appeler à l’unité et à la mesure.
Dès le début de son intervention, Sonko a reconnu l’existence de divergences au sein du pouvoir, notamment entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye. Toutefois, il a tenu à rappeler les sacrifices consentis durant les moments les plus difficiles et a appelé ses partisans à rester lucides : « Il y a un problème, mais rien n’effacera ce qui a été fait. Les différends, nous allons les gérer », a-t-il déclaré. Il a également donné la parole à Maimouna Dièye, très critiquée par certains ex-détenus, afin qu’elle puisse répondre aux accusations.
Revenant sur la question de la justice, Sonko a affirmé que Pastef n’avait jamais opté pour la vengeance et ne le ferait jamais : « C’est à la justice d’éclairer. » Selon lui, le système judiciaire demeure miné par les mêmes acteurs qui avaient orchestré les complots du passé. « Tant que ceux qui complotaient sont encore là, rien ne changera », a-t-il martelé, tout en appelant à une refonte profonde du secteur.
Il a aussi rappelé sa détermination politique, assurant qu’aucune manœuvre ne l’empêcherait de participer aux futures élections. Évoquant les victimes des violences politiques, Sonko a promis que « rien ne sera enterré » et que la vérité sera entièrement révélée. Il a par ailleurs annoncé consacrer l’intégralité de son salaire à un fonds destiné aux anciens détenus, ainsi que deux projets de grande envergure : un Mémorial des victimes et un Panthéon de la démocratie.
« La révolution vient de commencer », a conclu Sonko, appelant à la vigilance et à la fidélité envers les idéaux défendus : « Les martyrs marchent devant nous. Nous ne les trahirons jamais. »