Au Soudan, la situation humanitaire à El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, continue de susciter une immense indignation. Dans une vidéo publiée dans la nuit du 29 octobre, le général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, chef des Forces de soutien rapide (FSR), a reconnu pour la première fois l’existence « d’abus » commis par ses troupes lors de la prise de la ville. Cette déclaration intervient alors que les organisations internationales dénoncent des massacres d’ampleur inédite.
Selon le laboratoire humanitaire de l’université de Yale, des images satellites confirment des destructions massives et des exécutions sommaires. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est dite « consternée » par l’assassinat de plus de 460 patients et accompagnateurs dans la maternité saoudienne d’El-Fasher. Dans sa vidéo, diffusée depuis un lieu inconnu, Hemedti affirme avoir « observé des violations » et annonce la création d’un comité d’enquête interne. Il promet que tout soldat reconnu coupable d’exactions sera jugé publiquement et que « tous les citoyens détenus illégalement » seront libérés.
Mais ces promesses peinent à convaincre. Les témoignages et rapports d’Human Rights Watch (HRW) décrivent un bilan effroyable : plus de 2 000 morts en seulement deux jours, des violences sexuelles, des pillages et des meurtres ciblés. HRW alerte : « Si le monde n’agit pas, les civils risquent d’endurer des crimes encore plus atroces. »
Le réseau des médecins du Soudan confirme que les hôpitaux ont été pris pour cibles. Les blessés, assimilés à des combattants ennemis, ont été exécutés sur place. Plus de 5 000 civils auraient été arrêtés, dont des personnes âgées. Les FSR bloquent désormais les routes autour de la ville, empêchant toute évacuation vers les camps de réfugiés.






