Plus de deux semaines après la fin de la Coupe d’Afrique des nations, 17 supporters sénégalais restent détenus au Maroc, plongeant leurs familles dans l’angoisse et l’incompréhension. Réunies à Rufisque lors d’une conférence de presse, ces dernières ont exprimé leur colère face à ce qu’elles considèrent comme une absence totale d’assistance juridique et un manque d’implication des autorités sénégalaises.
Selon les familles, les détenus sont incarcérés depuis le 18 janvier sans avoir bénéficié d’un accompagnement légal effectif. Leur porte-parole, Blaise Niang, dénonce une situation qu’il juge alarmante. Il affirme que les supporters n’ont jamais rencontré d’avocat depuis leur arrestation et qu’ils refusent d’être jugés sans conseil, estimant leurs droits fondamentaux bafoués.
Contrairement aux explications relayées sur les réseaux sociaux évoquant des mouvements de grève d’avocats au Maroc, les proches assurent que la réalité est plus grave. Lors d’une audience tenue le 29 janvier, les détenus auraient eux-mêmes confirmé à la barre n’avoir jamais été assistés par un défenseur. Une situation qui, selon les familles, les place dans une position de grande fragilité juridique.
Ce silence contraste fortement avec l’accueil triomphal réservé à l’équipe nationale à son retour au pays. Pour les proches des détenus, ces supporters ont eux aussi représenté le Sénégal dans les tribunes et méritent la même considération. Aïda Diagne, présente lors du déplacement au Maroc, affirme que des assurances avaient été données quant à leur retour rapide, promesses restées sans suite jusqu’à présent.
À l’approche de la prochaine audience prévue le 5 février, l’inquiétude grandit. Les familles, issues notamment du 12e Gaïndé et de l’ASC Lebougui, appellent à une intervention urgente de l’État sénégalais. Elles réclament l’implication immédiate des services diplomatiques et la désignation d’avocats afin de garantir une défense équitable à ces citoyens, dont certains ont quitté leur travail pour soutenir les Lions.
Pour elles, l’enjeu dépasse le cadre sportif. Il s’agit désormais d’un dossier humain et diplomatique, nécessitant une réponse rapide afin de permettre à ces pères de famille de retrouver leur liberté et de rentrer au Sénégal.






