La rupture entre Khalifa Sall et Barthélémy Dias, jadis alliés politiques solides, a porté un coup dur à Taxawu Sénégal. Créé en 2014, ce mouvement peine aujourd’hui à se relever, victime directe de cette séparation inattendue mais brutale. L’élan de remobilisation initié après les revers électoraux de 2024 est désormais paralysé.
Après les défaites à la présidentielle et aux législatives, Taxawu Sénégal n’avait pourtant pas abdiqué. Une stratégie de relance avait été mise en place, avec la création de comités d’animation composés chacun de 15 membres dans les différentes communes. L’objectif était clair : ranimer la flamme militante dans les quartiers et préparer l’avenir politique.
Mais la dynamique a vite été stoppée net. Le départ de Barthélémy Dias, désormais à la tête de son propre mouvement, « Sénégal Bi Nu Bokk », a fait éclater les comités locaux. La fracture entre les partisans de Khalifa et ceux de Barth est devenue insurmontable. Selon un responsable interrogé par L’As, ces structures sont désormais obsolètes, les partisans de Dias, très actifs au sein des comités, ayant quitté l’organisation.
Aujourd’hui, de nombreux cadres de Taxawu Sénégal se retrouvent dans l’expectative. Ils hésitent entre rester fidèles à Khalifa Sall ou rejoindre Barth, dont l’appel à une alternance générationnelle résonne davantage auprès des jeunes et des femmes. D’ailleurs, ces derniers l’ont déjà massivement rallié, confirmant une dynamique favorable pour le maire de Dakar.
Barthélémy Dias apparaît désormais comme l’héritier d’une opposition combative, capable de fédérer autour de lui une nouvelle génération d’acteurs politiques. Mais des doutes subsistent quant à sa capacité à incarner pleinement l’opposition radicale. En quittant Khalifa Sall, il emporte avec lui une énergie militante dont Taxawu Sénégal peine à se relever.
De son côté, Khalifa Sall perd un lieutenant déterminé, réputé pour sa fougue, sa capacité de mobilisation et sa présence constante sur le terrain. Ce divorce politique révèle les limites de l’ancien maire de Dakar, jugé parfois trop réservé dans l’action.






