Le Sénégal a commémoré ce vendredi le 81ᵉ anniversaire du massacre de Thiaroye 44, l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire militaire et coloniale française. Devant un parterre d’autorités civiles et militaires, le président Bassirou Diomaye Faye a livré un discours d’une grande intensité, en présence du Premier ministre Ousmane Sonko, soulignant la nécessité de préserver la mémoire des tirailleurs et de réparer les injustices encore pendantes.
Dans son allocution, le chef de l’État a rappelé que les tirailleurs africains, de retour du front après avoir combattu pour la libération de la France durant la Seconde Guerre mondiale, furent lâchement abattus le 1er décembre 1944 pour avoir réclamé leurs droits légitimes, notamment leurs soldes et leurs indemnités. « Thiaroye n’est pas seulement un drame historique, c’est une blessure vivante dans la conscience collective africaine », a déclaré Diomaye, évoquant avec force les sacrifices de ces soldats longtemps oubliés.
Le président a également insisté sur l’obligation morale de rendre justice aux familles et de poursuivre le travail mémoriel engagé depuis plusieurs années. Il a réaffirmé l’engagement du Sénégal à porter ce dossier au niveau international, notamment auprès de la France, afin que pleine lumière soit faite sur les responsabilités et que des actes concrets de réparation soient posés.
La présence du Premier ministre Ousmane Sonko, dont l’attachement aux questions de souveraineté et de justice mémorielle est bien connu, a donné à la cérémonie une dimension politique forte. Les deux hommes, côte à côte, ont déposé une gerbe en hommage aux martyrs, dans un moment empreint de solennité.
Les familles des victimes, les anciens combattants et les organisations de la société civile ont salué ce discours jugé « courageux » et « nécessaire », rappelant que Thiaroye doit rester un symbole de dignité et de lutte contre l’oubli.