Thierno Alassane Sall met du sable dans le gloria : «Macky Sall n’a ni la stature de Diouf, ni celle de Me Wade»

Thierno Alassane Sall a rendu visite hier à Ndiaga Diaw du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) à Thiès, blessé lors du récent accueil du Président Macky Sall, par de supposés nervis. Interpellé sur le gloria évoqué ce jour-là par le Président Macky Sall, le leader de la République des Valeurs (RV) considère cela comme un stratagème du chef de l’Etat, pour faire oublier l’absence bavarde d’Idrissa Seck.

« Macky Sall qui, en venant à Thiès et feinté par Idrissa Seck qui n’est pas venu au rendez-vous, a inventé un stratagème pour faire oublier cette absence bavarde. C’est ainsi qu’il a parlé de choses qui ne sont pas dignes de sortir de la bouche d’un chef d’Etat, face à une jeunesse laminée par le chômage, des pères de familles frappés par la pauvreté.

Actuellement, 67% des Sénégalais sont dans la pauvreté, selon les chiffres de la Banque Mondiale, 37,5 % dans l’extrême pauvreté. Et cette situation est vécue drastiquement à Thiès, où il a parlé d’une ville aux deux gares alors qu’il y a zéro gare. Il a tenté de faire oublier tout cela et d’amener les gens dans un terrain de bavardages inutiles, parce que tout simplement ses faits, ses actions sont nuls», a répondu Thierno Alassane Sall.

Selon Thierno Alassane Sall, cette agression de Ndiaga Diaw traduit l’état de notre démocratie.

«Parce que la démocratie, c’est la liberté de s’exprimer, de manifester et cette liberté, ne pouvait en rien entraver la liberté de Macky Sall d’aller, de venir, de vaquer à ses occupations. Puisque le Président était venu s’enquérir de l’état du pays comme il l’a dit, c’était naturel que des citoyens lui expriment leurs sentiments par rapport à la question, mais aussi leur vécu. Ce qu’il devait donc faire, c’est de s’arrêter, lire les pancartes et échanger avec ces citoyens dont il est le délégué», indique le président de la RV.

Larguant une grosse pierre dans le jardin des tenants du pouvoir, après avoir jeté un regard dans le rétroviseur, il déclare : «Voilà un président de la République qui s’est fondé sur le droit international, avec notamment les résolutions de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), pour déposer Yaya Jammeh. Or, le même Yaya Jammeh avait fait faire un toilettage énorme du code électoral gambien, après avoir emprisonné ses principaux opposants. C’est ainsi que le Président Macky Sall est parti en Gambie sous le couvert de la Cedeao.

Or, c’est cette même Cour de Justice de la Cedeao, qui a déclaré que le parrainage n’était pas bon, n’était pas conforme au droit international, mais Macky Sall a refusé de l’appliquer. Il en est de même pour les arrêts prononcés dans le cadre des affaires Khalifa Sall, Karim Wade».

«Cet homme peut-il être digne de confiance ?, s’est-il interrogé, avant de rappeler que le Président Macky Sall avait dit lors de l’ouverture du dialogue national, qu’il avait maintenant empoché son deuxième mandat et qu’il avait 5 ans tranquilles devant lui», dit Thierno Alassane Sall, qui estime que Macky Sall a ainsi endormi les opposants pour aller vers un dialogue sur mesure.

Très en verve, il souligne que Macky Sall n’a ni la stature du Président Abdou Diouf, ni celle de Me Abdoulaye Wade. «Et si en mars, les choses étaient bien organisées, bien encadrées, Macky Sall qui était déjà en 3 appuis, irait vers le 4e appui. Devant cette situation, il serait contraint de décréter devant le peuple sénégalais, qu’il n’a pas droit à un troisième mandat et qu’il irait sérieusement vers la réforme de la justice, mais aussi celle de l’Assemblée Nationale, qui est à l’origine de beaucoup de nos fléaux, au lieu de remplir sa fonction de contrôle de l’exécutif».

Très pessimiste, Thierno Alassane Sall prédit que les Sénégalais vont vivre trois années infernales par la faute du Président Macky Sall, qui a choisi délibérément d’entraîner le pays dans ce sillage.

«J’ai été un membre fondateur de l’APR et je n’ai aucune raison de lui en vouloir ou de souhaiter un malheur au Sénégal, mais force est de constater les dérives vers lesquelles il est en train de tirer le pays et j’en ai tiré toutes les conséquences», dit le président de la République des Valeurs.

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