À la Médina, quartier populaire de Dakar, l’image familière d’un mendiant apparemment inoffensif cachait une réalité bien plus préoccupante. Al. B, un quinquagénaire se déplaçant à l’aide de béquilles, a été interpellé par la Brigade de recherches (BR) pour des faits de trafic de drogue dure, mettant fin à une activité clandestine menée en plein cœur de l’espace public.
Installé quotidiennement à l’angle de la rue 05×06, l’homme donnait l’illusion d’un nécessiteux livrant bataille à la précarité. Mais derrière cette posture, les enquêteurs ont identifié un mode opératoire rodé. Des allées et venues répétées, des échanges brefs et discrets avec des individus connus des services de police, ainsi qu’une organisation incompatible avec la mendicité classique ont fini par éveiller les soupçons.
Jeudi dernier, lors d’une opération de sécurisation, les policiers ont décidé d’intervenir. À la vue des agents, le suspect a affiché une nervosité jugée suspecte. Une fouille corporelle a permis de découvrir un képa de crack soigneusement dissimulé, ainsi qu’une somme de 5 000 francs CFA, considérée comme le produit immédiat d’une transaction illicite.
Conduit dans les locaux de la police, Al. B est rapidement passé aux aveux. Il a reconnu s’adonner à la vente de crack dans le secteur, tout en opposant un silence catégorique sur l’identité de son fournisseur, invoquant les règles tacites du milieu criminel.
Malgré son handicap apparent, les autorités n’ont accordé aucune circonstance atténuante. À l’issue de sa garde à vue, le quinquagénaire a été déféré au parquet de Dakar pour cession ou offre de drogue, une infraction sévèrement réprimée par la législation sénégalaise.






