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UEMOA : pourquoi les SGI sont devenues les nouveaux piliers de l’économie régionale

Désormais bien connues du paysage financier ouest-africain, les Sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) se sont professionnalisées et constituent une réelle alternative au système bancaire classique. Au point de devenir des poids lourds du financement des grands projets étatiques.

Cela fait bientôt trente ans qu’elles font partie du pays financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Apparues en 1998, les Sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) se sont imposées sur le marché régional, où elles jouent un rôle clé dans quatre domaines : la négociation de titres cotés à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), la conservation de titres et la tenue de comptes, l’ingénierie financière et le conseil, en enfin le financement d’entreprises – ou d’États – par émissions d’actions ou d’obligations. Selon l’Association professionnelle des SGI de l’UEMOA (APSGI-UEMOA), elles sont aujourd’hui trente-six à évoluer au sein des huit pays membres de l’Union (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo).

Un secteur hyper professionnalisé

Pour leurs clients, les SGI sont là afin de leur prodiguer des conseils avisés sur le « pourquoi » et le « quand » investir en bourse. Et la tentation est grande aujourd’hui d’investir, pour les acteurs privés comme publics : la BRVM a clôt son exercice 2025 sur une croissance historique de +25,26% : « Au regard des indicateurs disponibles et du classement continental, la BRVM confirme sa cinquième place parmi les principales places boursières d’Afrique, se distinguant par sa croissance soutenue, son attractivité et la diversité de son univers d’investissement. » Des performances évidemment très séduisantes.

Parmi les SGI évoluant sur ce marché, plusieurs noms sont connus du grand public, à commencer par celui du nº1 du marché, Atlantique Finance (AFIN), dont le siège est situé à Abidjan (Côte d’Ivoire). Filiale du groupe panafricain Banque Centrale Populaire (BCP), AFIN concentre 25% de parts du marché, avec un volume en 2024 de 235 milliards de FCFA. « Ce classement témoigne de la relation de confiance que nous entretenons avec nos clients et souligne l’excellent travail accompli par nos équipes, avance Habib Kobé, PDG d’Atlantique Finance. Il illustre notre capacité à anticiper les tendances du marché et à proposer des solutions d’investissement adaptées aux acteurs économiques régionaux. » Et c’est bien cette capacité d’anticipation que tous les acteurs du secteur cherchent à établir et consolider. Car d’elle dépend la confiance des investisseurs.

La « grande famille » des SGI regroupe des entreprises évoluant donc dans les huit pays de l’UEMOA, mais une constante est notable : les plus importantes d’entre elles sont concentrées en Côte d’Ivoire et au Sénégal. À Dakar par exemple, trois d’entre elles se sont imposées sur le marché : la Compagnie de Gestion Financière et de Bourse (CGF Bourse), Finance Gestion et Intermédiation (FGI) et Invictus Capital Finance. La première des trois a d’ailleurs été couronnée Meilleure Société de Gestion et d’Intermédiation (SGI) de l’UEMOA lors de la 6e édition des BRVM Awards 2025 qui s’est tenue en avril dernier à Cotonou (Bénin). Avec 800 milliards de FCFA en portefeuille, cette SGI travaille pour des clients privés et publics au Sénégal, dans l’ensemble de l’UEMOA mais aussi à l’international. « CGF Bourse est un acteur majeur de l’écosystème des marchés financiers de la zone UEMOA, se félicite Kalidou Diallo, directeur général de l’entreprise. Les orientations de notre institution permettent à nos clients et à nos partenaires de mieux comprendre qui nous sommes, en mettant en avant toutes nos activités, que ce soit la banque d’affaires, l’asset management ou la bourse en ligne. »

Une question de confiance

La digitalisation, justement, a été l’un des virages importants opérés ces dernières années par les SGI. Et avec elle, la démocratisation des services a permis à davantage de petits porteurs d’investir sur la BRVM, et à de nouveaux acteurs de se lancer sur ce marché. En digitalisant l’accès à la bourse et en orchestrant des levées de fonds records pour les États et le secteur privé, ces institutions financières transforment l’épargne locale en moteur de développement. Mais attention, ce marché en plein essor aiguise les convoitises et attirent des acteurs qui n’ont pas forcément l’épaisseur nécessaire pour inspirer la confiance.

S’il y a quelques poids lourds présents sur le marché depuis la fin des années 90, plusieurs SGI ont ainsi vu le jour au tournant des années 2020. C’est le cas par exemple de Image Finance Internationale (IFI) au Burkina Faso, la trente-sixième – et dernière en date – SGI d’Afrique de l’Ouest, créé en septembre 2024. Avec un capital social d’environ 1 milliard de FCFA, IFI compte lever des fonds destinés au financement de projets dans les secteurs de l’éducation, la santé et l’agriculture, notamment via la finance islamique. Un défi de taille pour cette jeune et petite société dirigée par Issa Malgoubri, un dirigeant au parcours académique plus sobre que celui de ses confrères (plusieurs certifications délivrées par YALI Network) et qui n’est pas issu du sérail de la finance.

Encore une fois, dans le monde de la finance, tout est une question de confiance. Et celle apportée par les États eux-mêmes est probablement la meilleure garantie de réussite. Au Sénégal par exemple, Invictus Capital & Finance (ICF) a réalisé en 2025 une levée de fonds de 150 milliards de FCFA, mandatée par l’État sénégalais pour financer son budget d’investissement. Une levée de fonds en appel public à l’épargne qui s’est soldée par un chiffre record, ICF parvenant finalement à lever 405 milliards en quelques jours. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ICF réussi un grand coup le marché financier régional de l’UEMOA : en 2020, elle avait levé 60 milliards de FCFA pour le développement du port autonome de Dakar.

À bien regarder les grandes levées de fonds des deux dernières années, le Sénégal compte jouer un rôle central dans le paysage financier ouest-africain. En septembre dernier, Dakar a ainsi accueilli le Forum Structured Finance Africa (SFA). L’événement a réuni plus de 300 décideurs publics et privés. Au menu des débats : financements structurés, partenariats public-privé et finance verte. Avec comme objectif d’imposer l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans le paysage financier international, et de montrer au monde que le continent est à même de construire sa propre souveraineté financière.

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