Lors de la COP30 qui se tient actuellement au Brésil, l’Ukraine a lancé un message fort : la guerre menée par la Russie ne détruit pas seulement des vies et des infrastructures, elle pèse aussi lourdement sur le climat. Kiev entend désormais demander réparation pour les dégâts environnementaux causés depuis 2022 et annonce préparer une réclamation évaluée à 43 milliards de dollars auprès d’un mécanisme du Conseil de l’Europe spécialement dédié aux compensations liées à la guerre.
Selon les estimations présentées, les activités militaires constituent la première source d’émissions de gaz à effet de serre depuis le début du conflit. Le carburant brûlé par les chars, les avions de combat, la production d’acier et de ciment nécessaires aux lignes de front représentent la majorité des rejets. À cela s’ajoutent les incendies impossibles à éteindre dans les zones de combat et la hausse des émissions liées aux vols civils contraints de contourner l’espace aérien ukrainien.
D’après l’Initiative pour la comptabilisation des gaz à effet de serre de la guerre (IGGAW), financée par l’Ukraine et plusieurs gouvernements européens, près de 236,8 millions de tonnes de CO₂ ont été émises depuis le début de l’invasion. Le vice-ministre ukrainien de l’Économie et de l’Environnement, Pavlo Kartashov, souligne que malgré les urgences humanitaires quotidiennes, la responsabilité climatique de la Russie devra être engagée : « Un jour, la Russie devra être tenue responsable de tous les dégâts causés, y compris ceux infligés à l’environnement, aux sols, à l’eau et à la faune. »
L’IGGAW alerte également sur un autre enjeu majeur : la reconstruction, deuxième source potentielle d’émissions. Son expert Lennard de Klerk appelle à un modèle durable, misant sur des matériaux biosourcés comme le chanvre. Il rappelle que l’Ukraine, puissance agricole, pourrait produire massivement ce matériau écologique, réduisant ainsi les émissions liées au futur chantier national de reconstruction.






