Réunis à Genève ce dimanche 23 novembre, Ukrainiens, Européens et Américains ont tenté de franchir une nouvelle étape vers une sortie diplomatique du conflit russo-ukrainien. Cette rencontre intervient quelques jours seulement après la présentation d’un plan de paix proposé par l’administration américaine, un document critiqué par plusieurs capitales européennes pour ses airs de concession excessive à Moscou. Face à ce texte de 26 à 28 points, les Européens ont présenté une liste alternative de 24 propositions, qu’ils qualifient non pas de contre-projet, mais d’« améliorations » destinées à renforcer les garanties de souveraineté pour Kiev.
Les Européens reprennent certains éléments du plan américain, tout en les modifiant. Par exemple, la taille maximale de l’armée ukrainienne serait fixée à 800 000 hommes, contre les 600 000 initialement proposés par Washington. Autre concession notable : ils proposent que les États-Unis perçoivent 50 % des bénéfices liés à la reconstruction de l’Ukraine, un moyen potentiel d’encourager les investissements américains. Les Européens se montrent également ouverts à une future levée progressive des sanctions contre Moscou, à condition que des avancées concrètes soient observées.
Cependant, des lignes rouges demeurent. Le texte réaffirme clairement la souveraineté de l’Ukraine et conditionne toute négociation territoriale à un cessez-le-feu effectif. Les Européens exigent aussi que les avoirs russes saisis restent gelés tant que Moscou n’aura pas versé des réparations de guerre. Enfin, ils demandent que la Russie s’engage officiellement dans une politique de non-agression envers l’Ukraine et l’Europe.
Dans un communiqué commun, Washington et Kiev ont qualifié les échanges de « constructifs », soulignant que toute solution durable devra respecter pleinement la souveraineté ukrainienne. La Maison Blanche y voit « un pas en avant significatif » vers un accord futur. Mais sur le terrain, la réalité reste dramatique : une attaque russe sur Kharkiv a fait quatre morts et dix-sept blessés ce même jour, rappelant la fragilité du processus en cours.






