Vague macabre et Covid-19 : « Depuis que je suis ici en 1993, on n’a jamais eu près de 20 enterrements dans la journée… La situation est alarmante! » (Gestionnaire du cimetière de Pikine)

La propagation du virus devient de plus en plus inquiétante au vu du lot de morts décomptés chaque jour. Comme le cimetière de Yoff, Pikine ne déroge pas à la règle. C’est un nombre qui augmente atteignant une moyenne jamais égalée. Hier, près d’une quinzaine d’enterrements ont été constatés », d’après l’agent municipal du cimetière de Pikine. En cette période où le variant Delta est en train de faire des dégâts, le cimetière de Pikine qui prend en charge les localités de Guediawaye, Mbao, Keur Massar et alentours, frôle la saturation.
Au moment où un collectif est né pour réclamer l’extension de ce cimetière qui est au bord de l’asphyxie, les gens viennent en masse enterrer leurs proches (souvent décédés chez eux et dont on ignore les causes de leur décès). Même si elles ne sont pas déterminées, certains font parfois le lien avec la Covid-19 qui n’est point à négliger.

Hier, nous informe le gestionnaire du cimetière de la banlieue, c’est près de 15 enterrements qui ont été constatés. Un rythme qui se poursuit depuis l’après Tabaski. « Je suis dans ce cimetière depuis 1993. Mais la situation est difficile à expliquer. Vous savez mieux que moi, que nous sommes dans un contexte sanitaire délicat. La pandémie fait des ravages. Toutefois, nous ne pouvons pas affirmer que cette hausse macabre est due à la Covid-19, mais elle coïncide bien avec cette phase critique de la maladie », nous confie Mr Sakho, regrettant par ailleurs le comportement irresponsable de certains qui ne parviennent toujours pas à se conformer aux recommandations sanitaires.

Autre facteur préoccupant, c’est le manque de poche où enterrer les morts. Un témoin de nous faire savoir « qu’hier, jusqu’à 21h les dépouilles se succédaient. La dernière, venant de Guediawaye a été finalement retenue dans la morgue pour attendre le jour suivant (aujourd’hui) afin de lui trouver une place.
Le responsable de ce cimetière estime que l’éveil de conscience est plus que jamais nécessaire pour ramener les gens à être conscients du danger qui rôde. « Nous ne devons pas attendre jusqu’à ce que la situation empire pour nous lever et cherche un coupable. Nous sommes actuellement au bord du gouffre. Ressaisissons-nous », invite Mr Sakho.

Il faut également rappeler que l’extension de ce cimetière est toujours d’actualité pour les riverains et même pour toute la population de Pikine. Le collectif regroupant des jeunes, des Imams et autres notables de quartier attendent toujours réaction des autorités. Cette situation pandémique coïncidant avec ces nombreux décès ne peut-elle pas être le déclic pour enfin procéder à une éventuelle extension ?

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