La Chambre criminelle de Ziguinchor a examiné, ce mardi, le dossier de J.C. Sambou, surnommé « Papis Assine ». Âgé de 46 ans, ce jardinier comparaît pour association de malfaiteurs, participation à un mouvement insurrectionnel et détention illégale d’armes.
Selon L’Observateur, qui a assisté à l’audience, l’accusé est poursuivi pour des faits remontant à son implication présumée au sein du MFDC, mouvement actif en Casamance depuis plusieurs décennies.
L’affaire trouve son origine le 7 mai 2022. Lors d’une mission de surveillance aérienne menée par le 23ᵉ Bataillon de reconnaissance dans la zone de Séléty, des militaires auraient repéré un sac suspect dissimulé dans un verger. À l’intérieur, des éléments d’armes, notamment des crosses et des mécanismes de détente artisanaux.
Informé de la perquisition, J.C. Sambou se serait présenté de lui-même au camp militaire, selon le récit rapporté à l’audience.
Au moment de son interpellation, l’homme aurait reconnu une ancienne appartenance à la rébellion, affirmant avoir rejoint le maquis en 2002 et quitté les rangs en 2015. Il aurait évoqué des contacts avec certaines figures du mouvement et décrit l’organisation interne d’une base rebelle.
Cependant, à la barre, l’accusé a totalement contesté ces déclarations, niant les faits qui lui sont reprochés.
Le procureur Ousmane Ndiaye a dénoncé ce revirement, estimant qu’il s’agissait d’une tentative d’échapper à ses responsabilités. De son côté, la défense, assurée par Me Djiby Diagne, a plaidé la rupture avec le passé et minimisé la portée des éléments matériels saisis, évoquant des armes anciennes et hors d’usage.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 8 avril prochain.
À ce stade, l’accusé bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’au prononcé du jugement.
OUSMANE DIOP/SENEGALDIRECT






