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Corruption, démission, affectation : Justice sénégalaise, entre fragilité et discrédit ?

Nous avons assisté à des démissions au sein de la magistrature sénégalaise. Des juges qui dénonçaient le manque d’indépendance. Récemment, l’affectation d’un juge a semé le désordre, le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) n’étant pas d’avis. Le président de la Cour d’Appel de Kaolack accusé de faits de corruptions, par un de ses collègues. Il y a de quoi s’interroger sur la fragilité et crédibilité de la justice sénégalaise.

Le juge Amadou Yaya Dia a porté des accusations très graves contre le président de la Cour d’Appel de Kaolack, Ousmane Kane. La portée de ces accusations est telle que le ministre de la Justice a saisi l’Inspection Générale de l’Administration de la Justice pour l’ouverture d’une enquête. Manipulation de dossiers, pressions sur des magistrats, libérations illégales des condamnés etc. Tels sont entre autres les faits retenus par Yaya Amadou Dia. Ousmane Kane crie au mensonge et à l’ignominie. Dans une lettre de sept (7) pages, il a répliqué point par point, affirmant une volonté de nuire à sa réputation.

Toujours est-il que le citoyen, le justiciable sénégalais, qui avait l’habitude d’entendre ces choses, de personnes extérieures à l’administration de la justice, s’inquiète et sa confiance sur cette justice s’effrite. Discrédit !

Le même magistrat Ousmane Kane a récemment démissionné du Conseil Supérieur de la Magistrature. Il a fustigé le comportement de certains magistrats qui manquent de considération et de respect à l’endroit de leurs aînés. Tout est parti de l’affectation de leur collègue Ngor Diop par le biais de la consultation à domicile. Le président du tribunal de Matam a placé sous mandat de dépôt un dignitaire religieux de la localité. Et c’est suite à ces représailles qu’il a été affecté, selon l’UMS. Lors de l’Assemblée générale extraordinaire de l’UMS, les magistrats ont vidé leurs sacs contre leurs aînés, Ousmane Kane n’a pas apprécié.

Cette histoire remet sur la table la question de l’indépendance de la justice sénégalaise. Ce pouvoir important accordé au garde des sceaux, qui peut affecter un magistrat pour le sanctionner ou lui octroyer une promotion indue, fait beaucoup de mal à l’Institution. L’UMS qui a toujours demandé une réforme des textes, n’a pas été entendue par le Président Macky Sall. Qui pour sauver cette justice ?

Toujours est-il qu’on peut compter sur des magistrats qui ne renieraient en aucun cas leur serment, qu’importe le prix. Même si l’Institution est fragilisée par l’attitude de certains et la mainmise de l’Exécutif.

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