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Droits TV : pourquoi Mediapro ne va pas payer son échéance du mois de décembre

En ne payant pas son échéance du 5 octobre dernier, Mediapro a plongé le football français dans une situation de crise. Si Roures a annoncé vouloir renégocier pour la saison présente uniquement, le défaut de paiement s’expliquerait surtout par un manque de trésorerie et une situation financière plus que délicate. De mauvais augure pour les clubs français et la LFP.La chaîne Téléfoot va continuer. Voilà le message principal qu’est venu délivrer Jaume Roures, patron de Mediapro lors de sa conférence de presse ce mercredi matin. Mais le contenu de ses déclarations n’incite pas pour autant à l’optimisme. D’un côté, il assure qu’il va « respecter le contrat » et que sa sortie médiatique d’il y a quelques jours sur la renégociation ne concernait que « la saison présente ». De l’autre, il continue de creuser le trou en expliquant qu’en raison de la conciliation engagée auprès du tribunal de commerce de Nanterre, « il n’est pas possible de dire qu’il y a une échéance le 5 décembre ». En effet, la conciliation suspend, durant le temps qu’elle dure, tous les engagements d’échéance.

« Tout est sur la table pour permettre à tout le monde de s’en sortir. La discussion portera sur les conditions dans lesquelles le foot français pourra être correctement diffusé et rétribué », a-t-il déclaré. Jaume Roures se veut donc sauveur et bourreau à la fois. La procédure de conciliation arrange cependant bien ses affaires si l’on se réfère à l’information dévoilée par le magazine Capital ce mercredi. Ce dernier a pu consulter le document de l’agence de notation Moody’s le 20 juillet dernier, qui avait dégradé la note de la dette de l’entreprise. Une autre agence de notation, Fitch, avait suivi et évoquait des difficultés de trésorerie.

Comme le rapporte Capital, la trésorerie de Mediapro s’élevait à 113 M€ fin septembre. Ce qui rendait donc impossible le paiement de 172 M€ le 5 octobre dernier. Et qui rendra impossible celui de 150 M€ prévu pour le 5 décembre prochain. D’où la volonté de Mediapro de geler la dette auprès du tribunal de commerce. Interrogé sur ces problèmes de trésorerie durant la conférence de presse, Roures a éludé la question, se contentant d’un : « je ne dis pas que nous n’avons pas la possibilité de payer ».

Une situation économique très compliquée
La situation économique de Mediapro est en tout cas inquiétante, ses différents secteurs d’activité étant tous impactés de plein fouet par la crise sanitaire. Elle l’était cependant déjà avant la pandémie mondiale et la Ligue de football professionnel pouvait le constater. Leur responsabilité est donc engagée là-dessus plus que sur la réclamation de garanties bancaires qu’elle ne demandait pas aux autres diffuseurs comme Canal Plus. « Il (le football français, ndlr) ne s’est pas non plus donné la peine de lire les analyses des agences de notation, certes écrites en anglais et dans un jargon financier ardu. Il aurait alors vu que, lorsque la LFP lui a attribué les droits en mai 2018, l’Espagnol était déjà très endetté et classé en catégorie spéculative (junk bonds) : BB- chez Fitch, et un cran en dessous (B1) chez Moody’s. Cette dernière agence pointait l’absence de cash flow positifs avant 2016, et une marge brute d’exploitation médiocre avant 2015 », peut-on lire dans Capital.

Voilà donc le football français rattaché à la seule caution solidaire délivrée par Joye Media SL, holding espagnole qui détient 100 % de Mediapro, et non par l’actionnaire chinois, le fonds d’investissement Orient Hontai Capital. Ou alors, il devra espérer un nouvel échelonnement de paiement satisfaisant. Mais il peut déjà se préparer à des mois compliqués.

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