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Face au Chef de l’Etat : Les journalistes ont adopté une subordination contraire à la liberté de presse !

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A l’occasion du nouvel an, le Chef de l’Etat Macky Sall a sacrifié à la tradition Républicaine par une adresse à la Nation sujette à caution. Mais en marge de cette solennité, un panel de journalistes avaient été conviés au Palais pour éplucher  des sujets d’intérêt national auxquels les sénégalais peinent toujours à trouver des réponses idoines. Mais le  constat est que les journalistes ont été pertinents mais la soumission à laquelle ils s’étaient livrés face au Premier Sénégalais est contraire à la liberté de presse et ne plaiderait pas en faveur d’une véritable démocratie.

D’entrée de jeu, l’on présume que le choix qui a été opéré pour trier dans le volet des journalistes représentatifs des médias n’a pas obéi aux normes standards à l’instar des grandes démocraties. Pour un souci d’équité et d’objectivité, le Palais devrait consulter un organe indépendant des médias qui lui détermine les journalistes à  inviter dans la plus grande humilité.

Mais ce qui s’est passé ce 31 décembre est ahurissant voire regrettable. Aussi, la presse en ligne n’a pas été représentée ou celui qui prétend l’être est illégitime sur plusieurs registres. L’enjeu aura été d’abord financier puisque ces groupes de presse qui ont envoyé leurs journalistes l’ont fait sur la base d’un publi-reportage à eux concédés .Ensuite dans la forme, c’est dans l’état normal des choses que le Chef de l’Etat rencontre des journalistes pour épiloguer sur  des problèmes qui engagent le vécu de nos compatriotes.

Mais dans le fond, les débats étaient foncièrement biaisés puisque le Chef de l’Etat était vautré dans une carapace royale au point de pousser les journalistes  à poser des questions avec velléité. Normal que ces derniers lui souhaitent des vœux de nouvel an  mais les débats n’étaient pas contradictoires ni exhaustifs. Le Président de la République affichait une certaine condescendance et un diktat qui ne favorisait pas un débat de haute facture.

C’était une simple communication qu’il livrait aux Sénégalais en élaguant les sujets les plus importants tels que le troisième mandat, l’amnistie de Khalifa Sall et Karim Wade et en apportant des éléments peu convaincants sur la suppression des villes. Et cerise sur le gâteau, il n’a pas daigné parler des pressions énormes qu’il exerce sur les groupes de médias  qu’il chercherait par tous les moyens à étouffer.

Il a aussi brandi le code de la presse pour dit-il, couper l’herbe au pied des Patrons de presse qui lui opposent de fortes pressions. Amnésique à la critique et vindicatif à tout point de vue, les Sénégalais le regardent dérouler comme il l’entend. Les journalistes étaient d’attaque et très pertinents mais leur soumission calibrée par une répartitrice en alerte témoigne du peu d’efficacité que ce face-à-face aura suscité au Palais de la République.

Le Chef de l’Etat continue d’étaler sa toute-puissance sur tous les Sénégalais et une bonne partie des médias travaille pour lui. Ce qui l’importe aujourd’hui, c’est de museler les médias qui lui lancent des piques et promouvoir ceux qui lui sont favorables. La vérité est que la presse ne saurait être un instrument de propagande pour satisfaire ses desseins.

Et ses acteurs qui mystifient les sénégalais pour le servir seront démasqués au grand jour puisqu’ils sont entrain de décrébiliser les médias en défendant leur propre chapelle. Cette soumission étrange qu’ils brandissent est non-avenue et  contraire à la liberté de presse !

Assane SEYE-Senegal7

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