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Hydrogène naturel : Aliou Diallo continue d’y croire

Dix ans après s’être lancé avec audace dans l’hydrogène naturel, Aliou Diallo semble toujours faire cavalier seul. Mais ce ne sera peut-être plus pour longtemps. Les décideurs publics et les grands acteurs mondiaux de l’énergie s’intéressent de plus en plus à l’hydrogène.

Aliou Boubacar Diallo a-t-il pris une bonne longueur d’avance dans l’hydrogène ? Alors que les acteurs mondiaux de l’énergie et les gouvernements misent encore sur l’hydrogène gris, bleu, turquoise et vert, l’entrepreneur malien exploite depuis huit ans de l’hydrogène naturel. Les experts s’accordent à dire que ce gaz est plus vertueux que ses versions industrielles car abondant, totalement renouvelable, propre (aucune émission de C02) et moins coûteux.

C’est en 2012 qu’Aliou Diallo créé Hydroma, sa société d’exploration et d’exploitation de l’hydrogène naturel. Deux ans auparavant, des géologues avaient confirmé la présence d’importants gisements de cette ressource dans le cercle de Kati (Mali). A l’époque, il n’existait pas encore de consensus, au niveau de la communauté scientifique, sur l’existence (en quantité suffisante) de cette ressource sur les continents. Aliou Diallo va prouver le contraire en lançant des forages sur des blocs d’une superficie de 43 174 km² acquis auprès de l’Etat malien.

De l’électricité propre et gratuite au Mali

Ces forages ont permis d’identifier plus de 25 puits positifs, dont l’un est en exploitation depuis 2012. Grâce à une unité pilote installé près du village de Bourakébougou, Hydroma transforme l’hydrogène naturel en électricité verte, qu’elle distribue gratuitement aux populations alentour. Aliou Diallo a ainsi apporté de la lumière dans cette partie de son pays, contribuant à son développement économique et social. Un acte patriotique salué à sa juste valeur par le gouvernement de Bamako. Celui-ci avait dépêché sa ministre des Mines et du Pétrole sur les lieux, lors du lancement de la seconde phase du projet énergétique d’Aliou Diallo : la production à grande échelle d’électricité propre à partir de l’hydrogène naturel. C’était en juin 2019.

A cette occasion, Mme Lelenta Hawa Baba Ba a salué la révolution énergétique en cours au Mali. Elle a surtout encouragé Aliou Diallo et l’a assuré du soutien de l’Etat car, pour elle, qui parle de production d’énergie, surtout de la quantité, parle du développement économique du pays. Un avis partagé par le PDG d’Hydroma : « Le Mali n’est pas un pays pauvre. Son sous-sol est très riche. Il peut faire de ce pays le plus envié du monde quand on l’exploite bien », a dit l’homme d’affaires. Au cours de cette visite de terrain sur le site gazier de la société sis à Bourakébougou, Aliou Diallo a indiqué qu’il souhaitait « introduire des piles à combustibles pour une plus grande quantité d’électricité ».

Des prospections en Australie et au Canada

Après une pause due à la pandémie du coronavirus, le milliardaire malien a relancé son projet énergétique, il y a quelques semaines. Mais, il espère toujours récolter des financements supplémentaires pour accompagner cette importante étape. Ainsi, après avoir cédé ses parts (55%) dans la société minière malienne Wassoul’Or, il s’est mis en quête de partenariats en Europe, notamment en Allemagne. Un pays qui ambitionne de devenir numéro Un de l’hydrogène. Parallèlement, Hydroma Inc. a débuté récemment des prospections en Australie et au Canada, où des études suggèrent la présence de grandes réserves d’hydrogène naturel.

Par ailleurs, Aliou Diallo a annoncé la production de l’hydrogène solaire avec la construction de champs de panneaux photovoltaïques au Mali et au Sénégal. Se faisant, il se positionne sur un marché en plein essor dans le monde. Mais son objectif premier reste l’hydrogène naturel. Il pourrait être rejoint dans les prochaines années par les industriels et les gouvernements. Ces derniers multiplient les financements et les plans en faveur de l’hydrogène vert. Or, il n’y a qu’un pas entre ces deux formes. Ce pas sera franchi avec un peu de volonté (et moins d’intérêts avec les majors pétroliers). D’ailleurs, la technologie qui manquait il y a dix ans, est aujourd’hui assez mature pour exploiter l’hydrogène naturel.

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