La tragédie de Moustapha Dimé : Comment il a été piégé, tué et calciné

Né en octobre 2004, Moustapha Dimé est mort de la plus atroce des manières. A seulement 20 ans, il est tué et le corps calciné alors qu’il était dans l’exercice de sa fonction de conducteur de moto Jakarta.

Son père, Bassirou Dimé est revenu sur les faits. Dans les colonnes de L’OBS, il raconte que le jour des faits, le dimanche 2 juin 2024, il avait trouvé son fils Moustapha à l’arrêt des motos Jakarta et lui a demandé de venir l’aider à faire quelques tâches à la maison.

Après avoir fini ce travail, le père apprend que son fils a pris sa douche avant de quitter le domicile. «Quand on a fini le travail, il est allé prendre une douche tout en me disant qu’il attendait un appel téléphonique d’un ami. Il m’a ensuite demandé de prendre cet appel si son téléphone sonne. Finalement, c’est après sa douche que cette personne a appelé et je l’ai entendu dire au bout du fil : ‘’J’arrive tout de suite.’’ Il a vite porté ses habits et les chaussures ‘’tik-tik’’ neuves que j’avais achetées ce même jour. Ensuite, il a pris son casque de moto puis et a quitté le domicile. A son départ, il m’a dit qu’il allait bientôt retourner. Mais il est resté jusqu’à 20H sans revenir», explique Bassirou Dimé.

Inquiété par cette situation, le père dit avoir appelé son fils au téléphone pour savoir ce qui le retenait et éventuellement lui demander de rentrer à la maison, ce qu’il a accepté de faire. Trente minutes après, Bassirou a rappelé pour lui mettre la pression et il lui a dit la même chose.

«Quand il m’a dit qu’il était en train de retourner à la maison, j’ai eu l’esprit calme. Ensuite, son grand frère qui travaille à côté de l’hôpital régional de Thiès, l’a ensuite appelé au téléphone pour qu’il vienne le récupérer à son atelier. Mais Moustapha lui a fait croire qu’il se trouvait à Keur Ndiaye Lô (Dakar). C’était pour le pousser à prendre une autre moto. Ceci dit, on est resté toute la nuit sans le voir rentrer», se rappelle-t-il.

Le lendemain de la disparition de son fils, Bassirou annonce qu’il est allé à sa recherche à Keur Ndiaye Lô. Parce qu’il avait cru, au début, que Moustapha était victime d’un accident. «Je me suis rendu à l’hôpital Youssouf Mbargane Diop de Rufisque pour le chercher à la morgue, mais en vain. Là-bas, j’ai demandé à des conducteurs de motos Jakarta s’il y a eu une récente agression aux environs de Keur Ndiaye Lô. Je me suis ensuite rendu à la Gendarmerie de Sangalkam et ils m’ont orienté vers Bambilor. J’ai fait le tour de plusieurs Brigades de sapeurs-pompiers à Dakar sans retrouver mon fils», fait-il savoir.

De retour à Thiès, Bassirou Dimé s’est rendu tour à tour à l’hôpital régional et aux quatre postes de police et la Brigade de recherches sans pouvoir retrouver son fils. A la Brigade de sapeurs-pompiers de Thiès, les secouristes lui ont fait savoir qu’une intervention concernant un jakartaman tué, puis calciné a été effectuée vers Tivaouane. C’est ainsi qu’il s’est rendu à la police de Tivaouane où le Commissaire Diouf lui a présenté le casque de moto et les affaires de la victime de ce drame. «Quand le Commissaire m’a montré les objets ramassés sur le lieu où a été retrouvé le corps calciné, j’ai vite reconnu les chaussures que portait mon fils. Pour m’assurer de son identité, j’ai vérifié si la pointure de la paire de chaussures est de 41. Et il s’est trouvé que c’était le même indice. J’ai aussi reconnu le casque de moto que j’ai moi-même acheté et le bracelet que je lui avais donné», relate-t-il. Dans cette famille, tout est tristesse. La fin tragique de cet orphelin et la manière dont il a été assassiné.

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