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Les cheminots font le procès des chefs d’État

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La privatisation du chemin de fer, sous le magistère de l’ancien président Abdoulaye Wade, a fini de plonger les travailleurs dans une situation ‘’invivable’’. Hier, l’Intersyndicale a fustigé la ‘’mauvaise gestion’’ et l’absence de vision de tous les chefs d’Etat sur le chemin de fer, de Senghor à Macky Sall.

Rien ne va plus à Dakar-Bamako ferroviaire. Depuis des années, la situation est restée la même. Mais elle s’empire de jour en jour, avec parfois des arrêts de travail dus à un manque de locomotives. De Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, rien de concret n’a été entrepris pour changer le visage de Dakar-Bamako ferroviaire, si l’on en croit les cheminots.

En assemblée d’informations hier, les travailleurs de ladite entreprise en ont profité pour aborder la gestion de ce dossier par les différents régimes que le Sénégal a connus depuis que le vent des indépendances a soufflé en Afrique. Même s’ils reconnaissent que chaque président a tenté, à sa manière, de tirer son épingle du jeu, les cheminots estiment qu’il n’y a pas eu une ‘’véritable politique’’ visant à transformer le sous-secteur du rail. ‘’Senghor a hérité des chemins de fer. Abdou Diouf a fait venir des machines. C’est plus ou moins une bonne chose.

Mais après, rien ! Quand Abdoulaye Wade est arrivé au pouvoir (en 2000, Ndlr), il a aussitôt décidé de programmer la mort du chemin de fer par la privatisation de notre entreprise. On croyait qu’avec l’arrivée au pouvoir de Macky Sall (en 2012) les choses allaient changer. En revanche, on se rend compte que c’est encore pire. Les chemins de fer n’ont pas été gérés avec rigueur’’, regrette le cheminot Lamine Fall, tout en indiquant qu’avec le concessionnaire Transrail, tout allait mieux, comparé à Dakar-Bamako ferroviaire. ‘’Du temps d’Abbas Jaber, on avait, au moins, trois machines opérationnelles. Celles-ci généraient 300 millions de francs Cfa. Il parvenait à payer les salaires de tous les travailleurs. Mais, aujourd’hui, rien ne bouge. Les machines font défaut et tout est en train de partir en fumée parce qu’il n’y a pas une volonté politique digne de ce nom’’, fulmine M. Fall.

Au cours de ce rassemblement, les cheminots ont fait montre de leur détermination à aller ‘’jusqu’au bout’’ afin d’obtenir des autorités étatiques la relance des activités de Dakar-Bamako ferroviaire. C’est pourquoi, le chargé des revendications et membre du Syndicat autonome des travailleurs du rail (Satrail) invite ses camarades à ‘’changer de fusil d’épaule’’ pour ‘’forcer l’État à adopter une vraie politique du rail’’.

‘’Le constat est le même. On a l’impression que l’État veut nous tomber dessus et on ne l’acceptera jamais. D’ailleurs, nous demandons que le ministre en charge du réseau ferroviaire, Abdou Ndéné Sall, soit démis de ses fonctions, dans la mesure où il n’a aucune solution efficace et ne maîtrise rien du tout’’, tempête Aly Diallo Sow.

Pour sa part, le porte-parole de l’Intersyndicale de Dakar-Bamako ferroviaire, Babacar Gaye, soutient que l’État n’a aucune vision pour le chemin de fer. Il a le sentiment que le pouvoir ne s’occupe que du Train express régional (Ter). Partant de ce constat, le chef de sécurité à la gare ferroviaire de Thiaroye demande au chef de l’État de leur dire la vérité sur le sort qui va leur être réservé, juste après la mise en circulation du Train express régional.

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