« Nimouma xolé moma nekhoule » : Le surveillant justifie sa torture sur le détenu mineur

L’enquête sur l’affaire de torture à la prison de Ziguinchor accable le surveillant Mbèye Mor Diouf.

M. M. Diouf, surveillant de la MAC de Ziguinchor accusé d’actes de torture sur un détenu mineur, est sous le coup d’une enquête ouverte par le commissariat de Ziguinchor. Ce, à la suite d’une altercation qui l’a opposé au détenu E. Mané en prison depuis le mois de juin 2023 pour une affaire de viol.

En effet, le surveillant de prison s’est senti offensé par le regard (furtif) que lui a jeté le prisonnier mineur. C’est ainsi qu’il a demandé à Mané de sortir de sa cellule et de le suivre au poste de garde. Arrêté depuis jeudi dernier, il a été présenté au procureur le même jour.

Après des retours de parquet, c’est ce lundi qu’il sera édifié sur son sort alors que le parquet compte ouvrir une information judiciaire. Mais, il ressort de l’enquête que M. M. Diouf avait menotté de dos E. Mané, placé sous mandat de dépôt depuis juin 2023 pour une affaire de viol, avant de lui faire passer un sale quart d’heure.

Ce, après l’avoir extrait de sa cellule et conduit en isolement au poste de garde. Les faits en cause ont eu lieu dans la nuit du 2 janvier dernier. Le surveillant de prison a demandé au détenu mineur de se mettre à genou. Position que ce dernier a gardé de 19 h à 21 h. Fatigué, le détenu lui a dit qu’il ne pouvait plus tenir. Le surveillant a introduit une barre de fer entre les jambes du détenu pour l’empêcher de bouger. Il finira par lui verser de l’eau froide avant de le rouer de coups à l’aide d’un tuyau.

Le major de l’infirmerie s’est dépêché au poste de garde pour porter secours au détenu mineur. Il a demandé au surveillant de libérer le détenu et de l’intégrer dans sa cellule. Ce que le surveillant de prison a refusé avant de lui lancer : « nimouma kholé moma nekhoul ».

Face à son refus, rapporte Libération, le major de l’infirmerie a informé le directeur de la prison arrivé nuitamment sur les lieux en compagnie de son adjoint. Il a ainsi réprimandé le surveillant avant de lui ordonner d’enlever les menottes au détenu.

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