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REVUE DE PRESSE FRANÇAISE DU 08-01-2018

A la Une: Macron en Chine

Le président français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron reçoivent un cadeau d’un vieil homme de la région lors d’une visite à la Grande Mosquée de Xian dans la ville de Xian, province du Shaanxi, Chine, le 8 janvier 2018.REUTERS/Ludovic Marin/Pool

Le président français arrive ce lundi en Chine pour une visite d’Etat de trois jours. Le Figaro a déjà trouvé à Emmanuel Macron un surnom local : « ‘Ma-ke-long’ en mandarin, transcription phonétique du patronyme du chef de l’Etat, qui veut dire ‘le cheval vainc le dragon’. » Le dragon, est-ce le président chinois, Xi Jinping ? Le Figaro se garde bien de le préciser… En tout cas, note le journal, Emmanuel Macron « va faire mieux connaissance, huit mois après son élection, avec le seul grand leader qu’il n’avait pas encore rencontré dans un cadre officiel : son homologue Xi Jinping. Cette visite d’État de trois jours vise à ‘nouer une relation personnelle’ et à discuter à des ‘orientations stratégiques du partenariat global’ entre les deux pays, sur des dossiers comme l’environnement, la crise nord-coréenne, la lutte contre le terrorisme ou les échanges commerciaux. »

Alors qui dit Chine dit commerce… « Alors que le déficit commercial de la France avec la Chine s’élève à 30 milliards d’euros là où l’Allemagne engrange un excédent de 20 milliards, les contrats dans les secteurs d’échanges traditionnels ne peuvent être que bienvenus pour rééquilibrer ce solde négatif. L’Élysée évoque ‘une cinquantaine’ de contrats et accords divers signés pendant la visite à laquelle participent des dirigeants de – entre autres – AccorHotels, LVMH, Safran, Dassault Systèmes ou BNP Paribas. »

Bien placé

« Les trois jours de Pékin », titre pour sa part LibérationLibération pour qui Emmanuel Macron arrive en Chine en position favorable : « entre une Allemagne qui peine à renouveler son gouvernement, un Royaume-Uni empêtrée dans son Brexit, voire une Espagne déchirée par la situation en Catalogne, la France prend, vu de Chine, des allures de pôle de stabilité. Une aubaine pour le président français, qui se veut aussi l’ambassadeur d’une Union européenne en pleine refondation. Réputé pragmatique et pro-business, Macron bénéficie, à Pékin d’un préjugé plutôt très favorable. Alors que le déroutant Donald Trump dénonce l’accord de Paris, brandit son ‘gros bouton’ nucléaire contre Pyongyang et agite la menace d’une guerre commerciale avec Pékin, Macron a l’ambition d’affirmer, au nom de l’Europe, son leadership sur trois fronts : la lutte contre le réchauffement climatique, le combat pour la paix et la non-prolifération nucléaire, notamment en Corée du Nord, et la bataille pour le ‘rééquilibrage’ des relations commerciales entre la Chine et l’Union européenne. »

Justement, sur le plan commercial, relève Libération, « l’entourage du président français assure que le succès de ce voyage ne se mesurera pas aux dizaines de milliards qui pourraient être signés cette semaine. Ces gros chiffres que les responsables politiques brandissent triomphalement n’ont pas beaucoup de sens. Ils ne sont souvent que l’addition d’accords déjà en cours et de promesses qui n’engagent personne. Ce fut le cas, en novembre, des 250 milliards de dollars de contrats que Donald Trump se targuait d’avoir engrangé à Pékin.Macron devrait surtout plaider pour un accès plus ouvert des marchés chinois, pointe Libération. C’est avec la Chine, deuxième fournisseur et huitième client, que la France enregistre son plus important déficit commercial, rappelle le journal : 30 milliards d’euros. Pour amorcer un rééquilibrage, Paris vise le colossal marché des classes moyennes chinoises. »

Etre ou ne pas être Charlie…

A la Une également, les attentats de 2015 à Paris… Trois ans après les attentats djihadistes contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, hommage sobre hier de la part d’Emmanuel Macron. Pas de discours, juste le recueillement…

Ce matin, les journaux dissertent à l’envi sur être ou ne pas être Charlie… La Charente Librenous rappelle le « sens initial de cette injonction : la revendication d’un droit absolu à la satire, allant jusqu’au blasphème inéluctablement choquant pour les croyants. Au nom d’une liberté d’expression qui, comme l’a rappelé Emmanuel Macron à son homologue turc Erdogan, forme ‘un bloc indivisible’. »

« Etre Charlie, renchérit L’Eclair des Pyrénées, ce n’est pas approuver tout ce que publie le journal, textes et dessins compris. C’est lutter pour notre liberté. Aussi bien celle qui pousse certains à critiquer les religions que d’autres à écrire ou écouter des chansons. C’est cela que ‘les anti-Charlie’ et les tenants de la terreur voudraient nous arracher. Et c’est pour cela qu’il faut se battre : une certaine idée de la liberté. »

Certes, pointe La Croix, « il ne faut certainement pas idéaliser les manifestations du 11 janvier 2015. La France des banlieues n’y a que peu participé et les slogans de la foule ce jour-là ont peut-être même, sans le vouloir, renforcé le sentiment d’isolement de bien des Français issus de l’immigration. Cependant, note le quotidien catholique, il faut se souvenir combien les manifestants étaient animés par la volonté de vivre tous ensemble plutôt que d’entrer en guerre les uns contre les autres. Ce fut sans doute l’acte fondateur d’une résistance non violente qui n’a jamais cessé de se manifester tout au long de la vague des attentats. »

France Gall : tout pour la musique

Et puis l’hommage de la presse à France Gall…

« Un mois après l’inoxydable rockeur national, c’est une autre icône survivante des années soixante qui tire sa révérence, soupire Sud-Ouest. Et le concert d’hommages posthumes qui accompagne France Gall traduit le mélange de tristesse, de nostalgie et de reconnaissance qui habite le cœur des Français. »

« C’était notre France », lance Le Parisien en Une qui retrace la longue carrière de la chanteuse et tous ses grands succès de Poupée de cire, poupée de son à Laissez passer les rêves, en passant par Babacar, en 87. Le Parisien s’attarde sur cette chanson : « Michel Berger et France Gall y racontent leur rencontre avec une jeune femme et son bébé Babacar, au Sénégal. »

D’ailleurs, le chanteur Youssou N’Dour ne s’y trompe pas : « France Gall était la plus sénégalaise des Françaises, affirme-t-il, dans Le Parisien. Avec Babacar, elle a élevé les consciences et l’engouement a été énorme. C’est une sœur pour nous au Sénégal, il faut saluer sa mémoire. »

« France Gall, évidemment… », titre Libération, reprenant ainsi le titre d’une de ses plus belles chansons. Le journal qui évoque également le Sénégal, où, écrit-il, « France Gall aura souvent débranché dans le calme d’une île près de Dakar, où elle se faisait, paraît-il, apporter Libération tous les matins en pirogue. »

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