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Le Premier ministre et le vice-président approuvés au Burundi

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Au Burundi, l’Assemblée nationale puis le Sénat ont approuvé tambour battant ce mardi 23 juin les candidats présentés par le président Evariste Ndayishimiye aux poste de vice-président et de Premier ministre : Prosper Bazombanza et Alain-Guillaume Bunyoni. Deux visages bien connus dans le pays.

Que ce soit à l’Assemblée nationale qui siège à Bujumbura, et au Sénat, qui a ses quartiers à Gitega, de nombreux parlementaires se sont présentés ce matin sans rien savoir du programme qui les attendaient. Tout est ensuite allé très vite.

A l’Assemblée nationale, le président a d’abord lu aux députés une lettre du nouveau chef de l’Etat Evaiste Ndayishimiye   reçue hier soir, lui demandant de faire approuver en toute « urgence » ses candidats à la vice-présidence et à la primature.

L’affaire a donc été rondement menée, en l’absence des députés d’opposition qui ont dénoncé « une procédure obscure et secrète ».

Au poste de vice-président, une charge désormais « symbolique » et qui est dévolue à un élu d’ethnie et de parti différents à celui du chef de l’Etat selon la Constitution de 2018, le choix s’est porté sur Prosper Bazombanza.

Ce Tutsi issu du parti Uprona, qui avait été premier vice-président de 2014 à 2015, a été approuvé à la quasi-unanimité, enseigne RFI.

Tout est allé aussi vite pour le candidat Premier ministre, un poste qui n’existait pas jusqu’ici.

Un signal ? Le choix du général Evariste Ndayishimiye s’est porté sur un homme du sérail, aux affaires depuis 2005 : le commissaire de police général Alain-Guillaume Bunyoni.

Véritable n°2 du régime et l’un des piliers du système sécuritaire burundais, il était pressenti pour le poste de Premier ministre depuis des mois.

« Le président Evariste Ndayishimiye et ses proches devaient donner des gages à l’aile dure du groupe des généraux du issus du parti CNDD-FDD qui tiennent le pays d’une main de fer », explique un de ses cadres.

Mais ce choix est loin de faire l’unanimité jusqu’au sein du parti au pouvoir. Tour à tour chef de la police, ministre de la Sécurité publique ou chef de cabinet civil du président Pierre Nkurunziza,

« Alain-Guillaume Bunyoni symbolise aux yeux de nombreux militants la corruption qui gangrène le système CNDD-FDD », explique l’un d’eux.

Les autres généraux avaient d’ailleurs obtenu sa tête en 2014, avant qu’il ne revienne en force à la faveur de la crise de 2015 au Burundi.

La société civile burundaise en exil parle quant à elle d’un « très mauvais signal » en pointant son rôle central « dans la machine répressive » mise en place depuis cinq ans.

Elle dénonce également « une mainmise des militaires sur tous les rouages du pouvoir et un défi à la communauté internationale », le nouveau Premier ministre étant sous le coup de sanctions américaines depuis 2015.

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